Elue depuis le 16 mars dernier au conseil municipal d’Orléans, je voudrais essayer de rendre compte, aussi simplement que possible, du mandat qui m’a été confié. Pour le faire en toute honnêteté, il me semble qu’il faut que j’indique, à tire liminaire, « d’où » je vais m’exprimer, de quel lieu social, politique et professionnel, j’entends prendre la parole.
Politiquement parlant, je suis doublement minoritaire. D’abord parce que je siège sur les bancs de l’opposition municipale, ce qui fait que je suis moins en situation d’agir, de décider, que de proposer et de réfléchir. Ensuite parce que je suis une femme et que, si, quantitativement parlant, la parité est respectée au sein du conseil municipal, il s’en faut de beaucoup quelle le soit aussi qualitativement. En d’autres termes, s’agissant de l’exercice effectif des responsabilités, aussi bien d’ailleurs à Orléans que dans l’agglomération, et, plus généralement, dans la France entière, le pouvoir est encore largement une affaire de domination masculine. Il suffit de relire Beauvoir et Bourdieu pour le comprendre et de parcourir les gazettes pour s’en convaincre.
Je tiens également à souligner que, n’étant affiliée à aucun parti, j’appartiens ipso facto à cette mystérieuse « société civile » qui regroupe, au demeurant, l’essentiel des habitants de ce beau pays d’Europe. Citoyenne, donc, mais pas neutre, puisque je me revendique clairement des valeurs de la gauche républicaine et qu’à la différence de Goethe, qui estimait que l’injustice valait mieux que le désordre, j’ai toujours préféré la justice à l’ordre – tout en espérant fermement que l’une et l’autre ne soit pas complètement contradictoires.
Reste enfin à dire un mot de ma dernière coordonnée géodésique, celle qui est définie par ma situation professionnelle. Je suis universitaire, et, comme telle, attachée à un certain recul critique. Dans la mesure du possible, j’essaierai donc d’appliquer à ce blog les exigences d’honnêteté intellectuelle qui gouvernent mon activité professionnelle, ce qui devrait d’ailleurs m’inciter à n’user de la blogosphère qu’avec parcimonie et non sans méfiance.
Ceci dit, comme ce lieu d’expression est dévolu, au premier chef (mais non exclusivement), aux comptes rendus (non officiels) des conseils municipaux et qu’il y a eu un conseil municipal hier, je ne devrais pas tarder à poster un petit billet doux (en fait, il est déjà prêt).
A bientôt, donc !