L’ambiance a été beaucoup plus détendue lors du dernier conseil municipal. Etait-ce la caméra installée par l’excellent Christophe Desportes-Guilloux pour filmer le conseil, comme tout citoyen est juridiquement habilité à le faire, ou la proximité des consensuelles fêtes de Jeanne d’Arc ? Toujours est-il le maire d’Orléans fit preuve de beaucoup plus de décontraction dans la gestion des débats, permettant à l’opposition de s’exprimer largement (j’en rendrai largement compte dans des billets ultérieurs), et créant, du même coup, les conditions d’un débat démocratique de bonne qualité. Pourvu que ça dure !!
Nous étions pourtant en droit de nourrir quelque inquiétude avant le début du conseil, et ceci pour au moins deux raisons : d’une part, l’ambiance glaciale et le ton méprisant adopté lors de l’assemblée précédente ; d’autre part des problèmes inquiétants dans la transmission de l’information entre le cabinet du maire et les groupes de l’opposition. Ainsi, ce n’est que la veille du conseil que nous avons été avisés de la configuration définitive des commissions municipales appelées à scander le travail des élus au cours de la présente mandature. Auparavant, leur nombre, leur nom et leur consistance ne nous avaient été communiqués que de manière très vague, nous mettant dans l’impossibilité de nous répartir valablement les postes qui nous étaient dévolus. Ces problèmes de communication nous ont même contraints à solliciter une brève interruption de séance en début de conseil, tout simplement pour nous permettre de nous concerter sur notre participation à ces commissions.
Les dysfonctionnements dans la transmission de l’information ne se sont d’ailleurs pas limités à cette question des commissions. Nous nous sommes aperçus, en plein conseil ( !) que la représentation de l’opposition aux organismes extérieurs auxquels sont associés des membres de la municipalité n’était plus conforme à ce qui nous avait été annoncé par le cabinet du maire. En clair, notre liste de postes et celle du maire ne coïncidaient pas. Fâcheux, non ? Certes, tout le monde peut se tromper, mais en l’occurrence, l’erreur s’est toujours établie au détriment de la représentation de l’opposition, non à son avantage. Bizarre.
En outre, nous avons tous en mémoire ces paroles prononcées par M. Grouard lors du conseil précédent : « Nous sommes ici pour diriger la ville et pour représenter la ville dans différentes institutions. Il y a pour cela des règles. Il semblerait que vous [l’opposition] ne les connaissiez pas encore, mais on est très ouvert et on va vous les expliquer. » (PV du 4 avril 2008, p. 454). On attendait un peu plus de professionnalisme de la part de quelqu’un d’aussi sourcilleux sur les questions d’organisation. D’autant que lui, il est dans sa 8ème année d’exercice du pouvoir : il ne peut prétendre découvrir la question.
Au nombre de ces règles de fonctionnement et de bonne gouvernance évoquées par le maire figure donc la transmission de l’information. Celle-ci est cruciale, s’agissant d’un sujet aussi important que la composition des commissions municipales. Plus largement, elle est aussi ce qui peut permettre à une confiance réciproque de s’établir et de fonctionner.
Heureusement qu’à côté du niveau politique, où la bonne foi n’est pas toujours de mise, les fonctionnaires municipaux font preuve d’une compétence professionnelle et d’une intégrité personnelle vraiment exceptionnelles. En tant que membre suppléante de la commission d’appel d’offres, j’ai été conviée à participer à une réunion d’information sur les procédures de contrôle des marchés qui s’est tenue jeudi dernier 24 avril, sous l’autorité débonnaire de Muriel Sauvegrain. Cette réunion était organisée et animée par les chefs de service concernés qui, pendant deux heures, nous ont fait un exposé ébouriffant de clarté pédagogique et d’enthousiasme professionnel. Voilà des gens qui, non seulement sont extrêmement pointus sur leur domaine de compétence, mais encore passionnés par ce qu’ils font. Jeudi soir, je suis rentrée chez moi beaucoup plus savante, et pleine de ferveur pour les marchés publics. C’est dire !
Ca serait tellement bien si sur le plan politique les choses étaient aussi simples ! Rêvons un peu…