Place de l’Etape

Entrée de septembre 2008

Le degré zéro du débat politique

28 septembre 2008 · 6 commentaires

La soirée de vendredi est à marquer d’une pierre noire pour la démocratie municipale à Orléans. Au cours d’un conseil mémorable, nous avons vu en effet le premier magistrat de la ville évoquer, pendant plus d’une heure d’horloge, des actions judiciaires en cours d’instruction, tandis que l’un de ses adjoints se livrait à une série d’amalgames dont je ne parviens pas à m’expliquer l’enchainement. Par delà l’anecdote, ce long et pénible déballage judiciaro compassionnel constitue un évènement extrêmement grave. Grave d’abord pour le fonctionnement de la vie municipale, totalement éclipsée, au profit d’affaires personnelles dont l’enceinte du conseil n’ avait pas à connaitre, alors que pas moins de 86 points figuraient à l’ordre du jour de la réunion de vendredi soir. Grave aussi et surtout pour la qualité et l’existence même d’un débat démocratique, puisque les adversaires politiques y sont présentés, à mots couverts, comme les possibles complices de délinquants. Comment ne pas se sentir nauséeux devant de tels mélanges ?

Pour plus de clarté, essayons de reprendre les choses une par une.

Rappelons, en premier lieu que ce que l’on n’ose appeler un “débat” s’est tenu en dehors de tout point à l’ordre du jour, du fait de la seule volonté du maire. L’une des conséquences de cette manière de faire, c’est que l’opposition, qui n’a pas de dossiers à se mettre sous la dent (et pour cause!), s’est trouvée sommée de se prononcer tout à trac, sans préparation ni réflexion prélable.

Indiquons en second lieu que le maire d’Orléans a cru bon de faire état d’une affaire en cours pour laquelle, de son aveu même, il agit en tant que personne privée. A ce point de mon exposé, je tiens à indiquer qu’il est parfaitement légitime qu’un citoyen, s’estimant attaqué dans sa dignité, saisisse les tribunaux  pour obtenir réparation. Etant moi même assez chatouilleuse sur le point d’honneur, non seulement je ne trouve rien à redire à cette attitude, mais je pense même qu’elle peut avoir une vertu de clarification. Ce qui est infiniment moins légitime, en revanche, c’est la publicité donnée à cette affaire, qui, faut-il le rappeler une nouvelle fois, n’a pas encore été jugée. Prendre le conseil municipal pour un prétoire, c’est mélanger les genres de fort mauvaise manière. Les élus ne sont pas des juges. L’autorité judiciaire, dans ce pays, est indépendante, et composée de magistrats professionnels. Il ne s’agit donc pas, sauf exceptions remarquables (haute cour de justice…) de confondre représentation politique et pouvoir de sanction. D’autre part, la procédure, en droit français, obéit à un certain nombre de règles dont le principe du contradictoire, qui n’a manifestement pas été respectée ici puisque M. Grouard était le seul à s’exprimer sur son cas. Aucun moyen n’a été produit en défense, d’abord parce que le principal intéressé n’était pas convié; ensuite et surtout parce que c’est à la justice, et non au conseil municipal, d’entendre les arguments et de trancher le litige. Or, jusqu’à ce que le tribunal se soit prononcé, les affirmations de M. Grouard ne sont que les allégations d’un plaignant. Elles reflètent son point de vue. Elles ne constituent pas la vérité judiciairement constatée.

Enfin, je m’étonne, pour ne pas dire plus, du fait que l’un des élus de la majorité, le sire Blanluet, ait fait état d’éléments matériels extrêmement précis relatifs à l’affaire en question, témoignant de ce simple fait qu’une large publicité avait été donnée, au moins au sein des rangs de la majorité, sur un dossier dont il n’appartient en principe qu’au juge de connaître. En termes de respect du droit et de la procédure, il y a mieux, à telle enseigne que je me demande si l’on ne pourrait pas soulever là un motif d’annulation.

Je souhaite également revenir sur la prise de parole de M. Montillot, intervenue vers la fin de “l’échange”.

1) M. Montillot nous a parlé d’une affaire effectivement très choquante, où, si j’ai bien compris, n’ayant eu connaissance de la chose qu’en conseil, une personne, sur un site, aurait reproduit des documents falsifiés de la ville d’Orléans (un arrêté municipal) en les attribuant à M. Montillot. Si ces faits sont avérés, il s’agit là  d’une affaire de la plus extrême gravité, puisque la crédibilité même des documents produits par l’exécutif municipal se trouve atteinte. Il est d’ailleurs surprenant que dans cette affaire M. Montillot agisse seul : c’est typiquement un cas où le maire devrait intenter l’action au nom de la défense des intérêts de notre ville. Pourquoi ne le fait-il pas?

2) Ensuite, il est question d’une mise en cause injurieuse des enfants de M. Montillot dans un cadre que je n’ai pas saisi. S’agit-il du même site? Quel est le rapport avec la première affaire? A-t-on affaire à une nouvelle plainte? Est-ce la même? Est-il nécessaire de dire que l’opposition municipale apporte son plus complet soutien à M. Montillot si ces enfants sont mis en cause, sur quelque média que ce soit, internet, tract, journaux? Le combat politique est une chose. L’abjection en est une autre.  Les membres de l’opposition sont aussi des personnes privées qui ont une famille, des enfants, des parents, et ils entendent bien qu’une nette différence soit faite entre privé et public. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle le débat de vendredi était profondément contreproductif: précisément parce qu’il mêlait le privé et le public.

3) Après le discours de M. Montillot est passé aux prédateurs sur internet. Et là je ne comprends plus : quelle relation entre la falsification des documents municipaux et le racolage pédophile? Pourquoi M. Montillot m’a-t-il regardé avec insistance en développant son argumentation? N’y a t-il pas eu dérapage? Bien sûr que je condamne, que nous condamnons, la pédophilie. Nous condamnons aussi, de manière générale, le terrorisme international, les séquestrations des FARCs, la faim dans le monde, le réchauffement climatique. Mais était-ce bien le sujet? Jugeait-on une affaire depédophilie? Que valent ces amalgames? Qui met on en accusation? Qui dénonce-ton? Que cherche-t-on à faire croire? A quoi riment ces glissements de la falsification d’actes administratifs aux injures contre les enfants, des injures contre les enfants à la pédophilie?

M. Grouard, dans sa plaidoirie, a beaucoup parlé de démocratie. Elle n’est pas sortie grandie du débat de vendredi soir, débat qu’il a pris lui même la responsabilité d’introduire et de mener, au risque de la plus extrême confusion.

Aux dernières nouvelles, le maire d’Orléans refuse de rencontrer l’opposition municipale, (qui en a fait la demande répétée depuis 6 mois) en raison des “affaires en cours”. Je rappelle que l’opposition n’est pas partie à ces procédures. Quel triste et sordide mélange du judiciaire et du politique!

Chère ville d’Orléans, tu vaux mieux que cela.

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Faut-il craindre le pitre ?

25 septembre 2008 · 4 commentaires

le bouffon du roi

En d’autres époques, que l’on dépeint à juste titre comme non démocratiques, les fous et les bouffons promenaient leurs grelots et leurs marottes à la cour, se moquant des travers des puissants, ricanant des défauts des princes, accablant les courtisans pleins de morgue des piques de leurs épigrammes. Les rois, victimes eux mêmes de ces incessants sarcasmes, subissaient cette incessante ironie comme le revers nécessaire de leur propre fortune. Les pires tyrans – jusqu’au cruel Attila, s’amusaient des bons mots de leurs pitres domestiques, conscients que l’impertinence de leurs propos etait la contrepartie nécessaire de la toute puissance.

Au XVIè siècle encore, Erasme de Rotterdam (qui fut, en son temps, étudiant à Orléans), écrivait, dans son Éloge de la folie, XXXVI : « Les plus grands rois goûtent si fort [les bouffons] que plus d’un, sans eux, ne saurait se mettre à table ou faire un pas, ni se passer d’eux pendant une heure. Ils prisent les fous plus que les sages austères, qu’ils ont l’habitude d’entretenir par ostentation… les bouffons, eux, procurent ce que les princes recherchent partout et à tout prix : l’amusement, le sourire, l’éclat de rire, le plaisir. »

Aujourd’hui, nous sommes en démocratie, et jouissons théoriquement de la plus large liberté de parole, de pensée, d’expression. Pourtant, alors que les rois sont morts et les bouffons enterrés, il semble que l’on ne puisse plus rire de rien. Ni de Dieu, ni de la mort, ni de la vie, ni, surtout, du pouvoir.  Le temps est au politiquement correct. Au sérieux compassé. A la révérence prudente. Surtout ne pas déplaire, surtout ne pas sourire, surtout ne pas moquer.

Fansolo, sale gosse sympathique, adolescent en résidence prolongée, gamin farceur toujours prêt à raconter une bêtise pour faire marrer les copains, en fait l’amère expérience. En une époque déjà lointaine de pré campagne électorale, il avait ouvert un blog dénommé “Les amis de Serge Grouard”. Ce blog fonctionna d’octobre 2007 au début de mars 2008, comporta une vingtaine d’articles et fut lu par 122 lecteurs. Le ton en  était tellement parodique, qu’aucune confusion n’était possible. Aujourd’hui, Fansolo est trainé en justice – ce qui est déjà disproportionné compte tenu de l’impact très limité de sa potacherie blogosphérique. Surtout, son nom est cité, à plusieurs reprises, dans une conférence de presse initiée par le maire d’Orléans.

D’où ces questions :  sur quel registre se situe-t-on là? Sur le registre privé, celui d’un citoyen s’estimant blessé qui cherche à réparer son honneur, et qui s’en remet à la justice rendue au nom du peuple français? Ou sur le registre public de l’homme politique qui convie les journalistes à assister à un coup médiatique? Que gagne la justice à une telle médiatisation? Que gagne le citoyen Grouard à étaler ainsi ses griefs? Quel prix excessif ne fait-on pas immédiatement payer à Fansolo en citant son nom à longueur de média? Qui dira les conséquences sociales, personnelles, de cet acharnement? Y-a-t-il égalité des parties entre un maire qui use d’une tribune de presse et un simple blogueur citoyen?  

Alors oui, je crois en la justice de mon pays. Et je pense que dans cette triste affaire, justice sera rendue, et bien rendue. Mais pour ce qui concerne les moeurs du monde politique, permettez moi d’avoir des doutes.

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Revue de presse

25 septembre 2008 · Laisser un commentaire

Pour ceux qui ne l’auraient pas vu, voici la reproduction d’un article publié ce mercredi 24 septembre dans la République du Centre. Il rend compte d’une pétition lancée par les élus du groupe socialistes, verts et apparentés dans le but d’obtenir l’implantation prochaine de station Vélo + à La Source. Cette action est née d’un constat et d’une incompréhension. Le constat tient à l’absence totale de desserte du quartier de La Source par le dispositif Vélo +. L’incompréhension tient au fait qu’il s’agit là d’une zone urbaine qui, par sa configuration matérielle, sa population, ses implantations universitaires, scolaires, commerciales, et la polyvalence de ses activités se prête particulièrement à l’utilisation du vélo.

Enfin, le lancement de cette action correspondait à la fin de la semaine européenne de la mobilité, dont l’objet consistait à promouvoir des modes alternatifs et surtout écologiques de déplacement. Gageons que l’engagement écologique de nos élus devrait lui permettre d’aboutir rapidement.

Il est temps que velo+ arrive à La Source, La République du Centre du 24/09/2008

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Ma première commission

23 septembre 2008 · 9 commentaires

Aujourd’hui était un grand jour pour moi. Après 6 mois comme conseillère municipale sonnait enfin l’heure tant attendue de ma première commission thématique. Pour les non initiés (j’ai peur qu’il y en ait parmi mes lecteurs, enfin, ceux qui n’appartiennent pas au cabinet du maire), pour les non initiés, disais-je, les commissions dites « thématiques » sont des instances composées d’élus municipaux (de la majorité et de l’opposition) et de membres des services de la ville. Leur but est de préparer les délibérations du conseil municipal par un examen préalable et contradictoire des dossiers. Ces fameux dossiers (composés tantôt de quelques simples feuillets, et tantôt de liasses impressionnantes de documents techniques, de conventions, de préconisations, etc.) sont réunis par les services techniques de la ville. Etudiés et débattus par les conseillers municipaux, ils peuvent faire l’objet d’amendements, de compléments ou de corrections de façon à baliser au mieux la réflexion et le vote du conseil, seul habilité juridiquement à prendre des décisions. En clair, en aval du travail technique de montage des dossiers mais en amont des discussions et des votes du conseil municipal, les commissions sont un lieu de réflexion, de concertation et d’échange où se joue quelque chose de l’avenir de la ville.

J’étais donc toute contente. D’autant que j’avais drôlement attendu pour pouvoir exercer cette petite parcelle de responsabilité nouvelle. Ma commission, en effet, avait déjà été annulée une fois et reportée une fois. C’est tout naturel : elle porte sur des sujets peu importants : « l’action économique, le commerce, l’enseignement supérieur et la recherche ». De la gnognotte, donc. Malgré ces petits problèmes de rodage, bien compréhensibles, pour une équipe municipale sans doute jeune et encore peu expérimentée (7 ans aux affaires, finalement, ça passe très vite), la tenue de cette réunion ne s’en annonçait pas moins prometteuse. Voire exaltante.

Autant vous dire que j’ai été déçue.

D’abord, sur 9 élus membres seuls 4 étaient présents (dont les deux de l’opposition). Heureusement qu’il n’y avait pas de quorum.

Ensuite, en fait de travail, la commission a essentiellement consisté à avaliser la distribution de subventions. C’est un peu l’école des fans. C’est chouette, on a l’impression d’être le père Noël. Si c’est ça l’action économique, j’adôôôre !

En outre, les documents n’étaient pas distribués en amont : on arrive, et on découvre les dossiers. On a donc 5 minutes pour en prendre connaissance et réagir. Cela serait tellement plus pratique d’avoir les informations en amont (la transmission de l’information est un vrai problème à la mairie d’Orléans).

Enfin, petite remarque incidente, j’ai des doutes affreux sur la pertinence d’une commission qui se tient 3 jours avant un conseil municipal : toutes les subventions qu’on nous a présentées figurent en effet déjà à l’ordre du jour et dans la note de synthèse qui nous ont été remis dès vendredi dernier.

A part ça l’ambiance était sympa. C’est sans doute l’essentiel.

Quand je pense qu’on m’avait dit que « tout se passe en commission »… Quelle bonne blague !

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Toujours les activités périscolaires. Communiqué de presse

11 septembre 2008 · Laisser un commentaire

Voici la teneur d’un communiqué adressé à la presse sur les activités périscolaires dans les écoles publiques d’Orléans:

“En principe, la rentrée scolaire devrait marquer aussi, peu ou prou, la reprise des activités « périscolaires » (arts plastiques, chorale, sports, bricolage, informatique, etc.), pratiquées en petits ateliers en dehors du temps scolaire mais sur le site des écoles publiques et encadrées par du personnel municipal. Or, depuis quelques rentrées déjà, ces activités se réduisent comme peau de chagrin. Il y a trois ans, elles étaient ouvertes en octobre ; il y a deux ans, après la Toussaint, donc début novembre ; l’année dernière fin novembre. Cette année, elles ne seront lancées qu’au mois de décembre. Gageons qu’au train où vont les choses, en 2009-2010 elles ne commenceront qu’en janvier et qu’à la fin de la mandature de M. Grouard, elles auront complètement disparu. Ce ne sont plus des activités périscolaires, mais un exercice comptable de soustraction. La cause ? Des économies budgétaires, dont on aimerait bien connaître le chiffrage. On aimerait aussi savoir à quel important projet sont affectées les sommes économisées au détriment des activités des enfants. On aimerait enfin que les parents soient clairement informés de cette réduction quantitative des offres périscolaires proposées à leurs enfants. Au lieu de cela, on assiste à une dévaluation insidieuse du service public par rognages successifs. Ni vu ni connu. Les impôts locaux, pourtant, n’ont pas baissé ces derniers temps. Alors, que se passe-t-il ? Toujours autant d’impôts. Toujours moins de services. Ce n’est pas comme cela que « le nouvel Orléans nous sourit ».

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Le sexe du Web

7 septembre 2008 · 2 commentaires

Ca n’est pas spécialement lié à l’actualité orléanaise, mais je ne résiste pas à l’envie de vous connaître cet intéressant article d’une blogueuse référencée par Rue 89. Elle y montre que le « plafond de verre » existe aussi sur le web et explique pourquoi, alors qu’un blogueur sur deux est une femme, les hommes trustent les premiers rangs des blogs dits « influents ». Un bel exercice de sociologie 2.0.

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La rentrée des crasses. Où sont passées les activités périscolaires dans les écoles d’Orléans?

4 septembre 2008 · 5 commentaires

Cette semaine, les enfants ont repris le chemin de l’école, après des vacances bien méritées. Ils vont découvrir de nouveaux professeurs, se faire de nouveaux copains, inventer de nouvelles bêtises et apprendre tout un tas de trucs passionnants (comme la numération égyptienne, dont m’a entretenu savamment ma fille aînée ce soir : ça n’a évidemment rien à voir avec les hiéroglyphes).

Ce retour à l’école marque aussi, pour certains enfants qui restent à la cantine et/ou à la garderie du soir, l’occasion de pratiquer des activités éducatives, artistiques et sportives (théâtre, danse, chorale, arts plastiques, bricolage, informatique, gymnastique, etc.), sous la conduite d’adultes qualifiés et bienveillants, mais non enseignants. Ces activités ont lieu en dehors du temps scolaire quoique sur le site de l’école (ce qui pose d’ailleurs parfois des problèmes de place, mais ce n’est pas la question d’aujourd’hui). Elles sont donc à bon droit qualifiées de « périscolaires ». Très prisées par les enfants, elles se déroulent en ateliers de quelques élèves. Elles relèvent de la compétence de la mairie et sont en principe assurées par du personnel municipal. Les enfants en attendent toujours le lancement avec impatience tandis qu’elles prennent fin en apothéose par la fameuse « fête des ateliers » (un grand moment de communion pédagogico-parentale), vers le mois de juin.

Or qu’apprends-je ? Cette année, ces bienheureuses activités, dont le choix fait toujours l’objet de débats passionnés à la maison et d’une concurrence féroce à l’école lors de l’inscription, ces bienheureuses activités, disais-je, ne commenceront pas avant le mois de décembre, au plus tôt. L’année dernière, elles n’avaient déjà été ouvertes qu’à la fin novembre. L’année précédente, après les vacances de Toussaint, et l’année d’avant, si mes souvenirs sont bons, dès le mois d’octobre. Bref, plus ça va, moins y en a. Ce ne sont plus des activités périscolaires, mais un exercice comptable de soustraction.

Devinez pourquoi. En raison de sournoises et mystérieuses économies budgétaires dont on se garde bien donner la raison et l’ampleur. En outre, à ma connaissance, mes impôts n’ont pas baissé. C’est même plutôt le contraire. La municipalité en place, on le sait, confond communication et publication de bulletins de victoires. Elle s’est donc bien gardée d’évoquer cette misérable question d’activités périscolaires de rien du tout. On ne dit rien. On n’en parle pas. Donc, ça n’existe pas (le Grouardisme est une forme contemporaine et impensée du nominalisme). On met soigneusement les miettes sous le tapis en espérant que personne ne s’apercevra du tour de passe-passe. Et on glisse à autre chose. Avec élégance et désinvolture.

Alors, une question : où est passé l’argent économisé sur les activités périscolaires ? I want my money back. Plus d’impôts. Moins de services. Ce n’est pas comme cela que « le nouvel Orléans me sourit ».

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