Place de l’Etape

Entrée de octobre 2008

De l’utilité de l’opposition

16 octobre 2008 · 3 commentaires

Avant hier, dans un post un peu désabusé, j’évoquais ma déception et mes doutes quant à la pertinence du travail réalisé en commissions, tel, du moins, qu’il m’avait jusque là été donné d’en faire l’expérience. Dès lors, en effet, que ces fameuses commissions thématiques ne se réunissent que 48h avant la tenue du conseil municipal sensé en avaliser les propositions, il m’apparaissait clair que le délai était très insuffisant pour permettre une prise en compte réelle des discussions, des objections, des observations et des corrections éventuelles formulées par les conseillers lors de ces réunions soi-disant préparatoires.

Par ailleurs, une actualité récente m’avait également incité à émettre certaines réserves quant à l’objet même du conseil municipal, entre chambre d’enregistrement et scène de théâtre, certes propice à l’expression d’un discours compassionnel mais peu approprié à un vrai travail collaboratif.

En dehors de collaborations ponctuelles, entre conseillers municipaux de bonne volonté (il y en a dans la majorité comme dans l’opposition), ce n’est pas structurellement au sein de la mairie, dans des lieux de convergences institutionnelles, mais à l’extérieur de la scène municipale que le travail d’opposant – car c’est un véritable travail – trouve, par conséquent, le mieux à s’exprimer. J’en veux pour preuve deux exemples récents.

Le premier concerne la video du conseil municipal, mise en ligne dans la semaine qui a suivi celui-ci et dont la qualité, remarquable, mérite d’être soulignée. Il s’agissait là de l’une des propositions portées par la liste menée par JP Sueur lors des dernières élections. Elle avait été mise en oeuvre, de manière officieuse, par l’excellent Christophe Desportes-Guilloux, qui, avec des moyens techniques réduits et une abnégation démocratique totale, avait consacré une grande partie de son temps et de son énergie à mettre en ligne les videos qu’il avait effectués lors des conseils tenus depuis plusieurs mois, en les ordonnant thématiquement. C’est cet exemple vertueux qui a finalement été suivi par la mairie, ce dont tous les démocrates ne peuvent que se féliciter. Le coût en est d’ailleurs relativement modeste au regard du profit généré en termes de transparence politique (puisque, comme le souligne Pierre Rosanvallon, nous sommes arrivés à l’âge de la suspicion démocratique).

Le second exemple concerne les activités périscolaires (pardon, les “ateliers éducatifs”, qui sont une sous-espèce de la catégorie “périscolaire”, j’espère que vous saisissez la nuance, elle est d’importance). Ces ateliers , donc, semblaient voués à une disparition aussi progressive qu’inéluctable, compte tenu d’un démarrage toujours plus tardif d’année en année. Ainsi, en 2008, rien n’était prévu avant le 1er décembre. Je m’étais émue de cette situation, alors que la mairie, toujours prompte à communiquer sur Ses Merveilleuses Réalisations, était restée étrangement muette. L’affaire touche pourtant des milliers de familles, dont certaines, très modestes, comptent sur ces activités pour proposer à leurs enfants une offre culturelle, sportive, technique et artistique qu’elles ne peuvent ordinairement pas leur payer . La République du Centre s’était fait l’écho de cette émotion légitime, dans un billet signé Anne Marie Coursimault, qui se finissait sur ces mots :”A force de rogner [sur ces activités] les parents vont grogner”. Lors du conseil municipal du 26 septembre dernier, l’adjointe en charge du dossier, Mme Maréchal, avec sa courtoisie habituelle, m’avait répondu que ces activités seraient échelonnées (selon un calendrier mystérieux) et commenceraient “en octobre”. La République du Centre, dans son édition du 15 octobre, nous fournit enfin plus de précisions:

1) 21% (oui, 21%) des ateliers commenceront avant les vacances de la Toussaint (entre le 1er octobre et le 20 octobre). Ne me demandez pas pourquoi c’est 21% et pas 22 ou 19,5%

2) 64% commenceront à la mi-novembre

3) 15% au premier décembre

Il parait que ces ouvertures décalées sont liées à une sectorisation géographique de la ville, dont l’article ne dit pas grand chose. On aimerait d’ailleurs en savoir plus sur ce point, ainsi que sur les critères appliquées pour décider de ces dates d’ouverture. Gageons que ce décalage dans les ouvertures tient aussi à la volonté, incontestable, de réaliser des économies (le budget consacré à ces actions n’est pourtant que de 110 000 euros, ce qui est ridiculement peu, rapporté aux moyens d’une ville comme Orléans).

Surtout, je reste convaincue que cet échelonnement (qui n’était pas prévu au départ) doit beaucoup au fait que, comme le dit la Rép “l’opposition municipale a, dès la mi-septembre, critiqué le retardement des ateliers éducatifs dans un communiqué de presse intitulé “où sont passées les activités périscolaires dans les écoles publiques d’Orléans?” Avouons, dusse notre modestie en souffrir (et elle en souffre), que la signataire de ces lignes avait été à l’origine de ce communique de presse furibard.

Ce qui prouve que l’opposition sert à quelque chose

Et comme le dirait Boris Vian,

“Ce qui prouve qu’en protestant,

Quand il est encore temps,

On peut finir

Par obtenir

Des ménagements!”

Catégories : Mise en exergue
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A quoi servent les commissions municipales?

14 octobre 2008 · 4 commentaires

Une petite crise de nerfs électronique pour finir cette journée. Comme vous le savez peut être, j’ai l’honneur, en tant qu’élue de l’opposition municipale, de siéger dans une commission thématique. La mienne c’est “action économique, commerce, enseignement supérieur, recherche” (il faudrait que j’écrive un billet un de ces jours sur l’intitulé significatif de cette fameuse commission, mais là n’est pas mon propos du jour). Et bien, c’est sûr, j’ai tiré le gros lot (rien à voir avec l’hôtel du même nom, pourtant situé “Place de l’Etape”).

Au début, ma commission ne se réunissait guère (une fois en 6 mois). Sans doute faute de sujet à se mettre sous la dent (rien donc en matière d’action économique, rien en matière de commerce, rien en matière d’enseignement supérieur et juste deux subventions de quelques centaines d’euros chacune pour deux colloques, voilà pour la recherche).

Et là, depuis la rentrée, c’est la frénésie : deux réunions en un mois. La première a eu lieu le mardi 23 septembre, 3 jours avant le conseil municipal, alors que tous les sujets abordés figuraient déjà sur l’ordre du jour dudit conseil (reçu 4jours plus tôt) et qu’ils apparaissaient par conséquent peu susceptibles de discussions voire de modifications. J’en avais fait la remarque lors de cette rencontre et demandé (en termes fort civils) que la date en soit significativement avancée par rapport au jour prévu pour la tenue de l’assemblée municipale, ne serait-ce que pour nous donner l’illusion de servir à quelque chose.

La seconde commission n’a pas encore eu lieu, mais elle s’annonce dores et déjà très prometteuse. Par un courriel du 10 octobre dernier, j’apprends que la commisison d’action économique se tiendra le 21 octobre (donc 3 jours avant le conseil : ça doit être un délai à visée apotropaïque) à 18h00, salle Kristiansand. Bon, je râle un peu (rapport au délai), mais je note le RV sur mon agenda.Et je prends mes dispositions pour être disponible.

Ce matin (le 14 octobre, donc), nouvel email, envoyé à 10h00 : la réunion est décalée au 20 octobre, toujours à 18h00, mais en salle Dundee. Bon, je raye le permier RV, je note le second, toute contente : ça fait un jour de plus. Chic!

Et là, patatras : en fin d’après midi, nouveau courriel: à la demande de M. Foussier, la commission est déplacée au mercredi 22 octobre à 18h00 et revient en salle Kristiansand. Las! Cette fois, je ne peux plus suivre : la date est déjà réservée pour des activités professionnelles qui me retiendront à Paris jusqu’à une heure fort avancée de la soirée.

Je suis tout de même singulièrement étonnée par cette fébrilité calendaire. Quand je pense que c’est l’opposition muncipale qui est régulièrement taxée d’incompétence et d’inorganisation en conseil …. On croit rêver! Vous imaginez un cafouillage pareil? 3 dates différentes en une semaine!

Sur le fond, une question me taraude : à quoi peut bien servir la commission d’action économique qui se réunira, faut-il le souligner, 48 heures exactement avant le prochain conseil? A part à gonfler les flux d’échanges électroniques locaux et à faire des ratures sur les agendas des conseillers muncipaux? Sans compter que, se rendre disponible pour trois dates différentes avec juste une semaine de délai, lorsqu’on essaye d’avoir une action économique, qu’on fait de la recherche et qu’on travaille dans l’enseignement supérieur, c’est plutôt compliqué.

Ce n’est vraiment pas comme ça que le nouvel Orléans me sourit.

Catégories : Coup de gueule
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On ne commente pas une décision de justice, mais…

9 octobre 2008 · 15 commentaires

Vous le savez, comme le veut la tradition (à laquelle l’auteure de ces lignes est particulièrement attachée), “on ne commente pas une décision de justice”, surtout lorsqu’elle n’est pas définitive – et c’est le cas de celle qui va nous retenir, puisqu’elle est frappée d’appel.

Néanmoins, rien n’interdit de la lire et d’examiner avec soin la langue dans laquelle elle est rédigée.

Prenons un exemple au hasard. L’ordonnance de référé du 8 octobre 2008 rendue dans une affaire fameuse opposant un blogueur local au premier magistrat de la ville d’Orléans. Ayant eu ce texte sous les yeux, et en ayant rapidement parcouru les attendus, je dus constater avec surprise, et non sans une certaine tristesse, qu’il était rempli de fautes d’orthographe (exemples : p. 3: “cadre stricte” (deux fois); “des procédures qui ont consacrées”; p. 4 “au dela”; “n’auraient sans doute pas dépassés”; “des recherches longues et difficiles qui justifie les délais”, etc.)

Personnellement, je n’attache pas une importance démesurée aux fautes d’orthographe. Sinon, il y a belle lurette que j’aurais divorcé.

Toutefois, il me semble intéressant de faire ici quelques simples remarques de bon sens.

D’abord, convenons qu’il s’agit là de fautes grossières.

Ensuite, rapprochons ces lapsus calami d’un attendu formulé dans cette même ordonnance qui reprend fort opportunément l’un des arguments de l’assignation : “Attendu que Monsieur GROUARD précise dans son assignation que le contenu de ce blog le dénigrait en se présentant comme ses amis [je passe sur la syntaxe, ce n'est pas l'objet de ce billet] et en faisant des fautes d’orthographe et en tenant des propos particulièrement familiers cherchant manifestement à le dénigrer “.

Enfin, osons cette interrogation métaphysique : si les fautes d’orthographe sont un indice de dénigrement, comment interpréter celles de l’ordonnance de référé?

Comme diraient mes étudiants,  nous ne pouvons que nous “perdre en conjonctures”.

Catégories : Mise en exergue
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