Vous le savez, comme le veut la tradition (à laquelle l’auteure de ces lignes est particulièrement attachée), “on ne commente pas une décision de justice”, surtout lorsqu’elle n’est pas définitive – et c’est le cas de celle qui va nous retenir, puisqu’elle est frappée d’appel.
Néanmoins, rien n’interdit de la lire et d’examiner avec soin la langue dans laquelle elle est rédigée.
Prenons un exemple au hasard. L’ordonnance de référé du 8 octobre 2008 rendue dans une affaire fameuse opposant un blogueur local au premier magistrat de la ville d’Orléans. Ayant eu ce texte sous les yeux, et en ayant rapidement parcouru les attendus, je dus constater avec surprise, et non sans une certaine tristesse, qu’il était rempli de fautes d’orthographe (exemples : p. 3: “cadre stricte” (deux fois); “des procédures qui ont consacrées”; p. 4 “au dela”; “n’auraient sans doute pas dépassés”; “des recherches longues et difficiles qui justifie les délais”, etc.)
Personnellement, je n’attache pas une importance démesurée aux fautes d’orthographe. Sinon, il y a belle lurette que j’aurais divorcé.
Toutefois, il me semble intéressant de faire ici quelques simples remarques de bon sens.
D’abord, convenons qu’il s’agit là de fautes grossières.
Ensuite, rapprochons ces lapsus calami d’un attendu formulé dans cette même ordonnance qui reprend fort opportunément l’un des arguments de l’assignation : “Attendu que Monsieur GROUARD précise dans son assignation que le contenu de ce blog le dénigrait en se présentant comme ses amis [je passe sur la syntaxe, ce n'est pas l'objet de ce billet] et en faisant des fautes d’orthographe et en tenant des propos particulièrement familiers cherchant manifestement à le dénigrer “.
Enfin, osons cette interrogation métaphysique : si les fautes d’orthographe sont un indice de dénigrement, comment interpréter celles de l’ordonnance de référé?
Comme diraient mes étudiants, nous ne pouvons que nous “perdre en conjonctures”.

