Place de l’Etape

Entrée de février 2009

Place de l’Etape rue de Montpensier

24 février 2009 · 10 commentaires

Comme juriste, j’étais déjà accro du conseil constitutionnel et de sa délicieuse jurisprudence qui vise à transformer, avec brio, des idées politiques en principes juridiques. Comme membre de l’opposition municipale, je suis devenue une fan absolue des sages de la rue de Montpensier depuis leur décision du 12 févier dernier, annulant l’amendement pirate (justement qualifié de “cavalier législatif” : j’adôre!!) sur les ABF. Pour ceux qui n’ont pas suivi les épisodes précédents, je rappelle que cette importante décision a une incidence directe sur la vie orléanaise, puisqu’elle rend très hypothétique le projet d’alignement de la rue des Carmes porté par la municipalité actuelle. Donc, sur ce coup là, le conseil constitutionnel a fait le jeu de l’opposition municipale, comme quoi les vieux gaullistes et les gens de gauche trouvent assez facilement à s’entendre sur le dos des libéraux et des sarkozistes.

Entrée du conseil constitutionnel

Hé bien, le rapprochement se poursuit. J’étais aujourd’hui conviée par le président du conseil constitutionnel en personne, Jean Louis Debré, à un déjeuner de travail, en compagnie de quelques uns de mes collègues et amis universitaires (de la sous espèce “historiens du droit”) et de deux de ses collaborateurs. Ce fut extrêmement instructif. D’abord parce que c’est toujours passionnant, pour tout citoyen en général, pour tout juriste en particulier, de voir en vrai comment se fabrique le droit, au plus haut sommet de l’Etat. Ensuite, parce que, à titre personnel, cela m’a permis de prendre la mesure des malentendus qui règnent entre le milieu universitaire (ses délices et ses poisons, son goût de la complexité et ses contradictions) et la très haute fonction publique.  Malentendus que l’affabilité du ton et la politesse des échanges n’ont pas permis de dissiper tout à fait. Ce qui m’inquiète pour la suite du mouvement des enseignants chercheurs et, plus globalement, pour les réformes à venir dans l’université. Jean-Louis Debré, en tout cas, est un homme extrêmement sympathique. Il a paru surpris devant nos désaccords (quand vous mettez 10 universitaires ensemble, il y a au moins 10 points de vue différents), mais plutôt bonhomme à notre égard. On a promis de se revoir et de travailler ensemble sur des chouettes projets (sur les mesures de sûreté, sur la rétroactivité de la loi, sur “punir sans condamner”, etc.).

Comme quoi on peut ne pas être d’accord sur tout, et arriver à travailler ensemble. C’est sans doute une leçon que l’on pourrait méditer à Orléans. Mais là je rêve…

Catégories : Rubrique pipeul

L’école des fans

23 février 2009 · 13 commentaires

Après l’OPA réalisée par la majorité sur des conseils de quartier transformés en  clubs des supporters de la municipalité, c’est au tour du conseil municipal d’être promu au rang d’école des fans de la majorité en place. L’opposition, aimablement conviée à venir siéger en mairie une fois par mois, est donc priée de se taire ou d’applaudir avec ferveur aux Merveilleux Projets qui lui sont présentés. Sinon, elle est prévenue, elle sera punie comme il se doit.

Vendredi, soir de conseil, nous eûmes droit à notre traditionnelle séance de diaporama sur fond bleu apaisant, avec le petit logo mignon et le slogan niaiseux qui nous est servi depuis 7 ans (“Le nouvel Orléans me sourit”). Au programme:

1) Une projection sur une liaison TGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon. OK, c’est pour l’horizon 2025 et il n’est pas certain que le doublement de l’actuel Paris Lyon se fera dans la configuration qui nous fut présentée avec force roulements de tambours. Mais, bon, on peut rêver, non?

2) Un cours du professeur Montillot sur le recul vraiment incroyable de la délinquance à Orléans, avec des courbes toute droites et d’horribles chiffres en noir, indiquant le niveau de la criminalité à Orléans en 2001, c’est à dire aux temps obscurs où nous vivions dans la peur constante de nous promener dans les rues. J’en frémis rien que d’y penser.

3) De belles photos du centre ancien, avec des maisons à colombages et de jolies façades en pierre (comme celles que l’on trouverait rue des Carmes si l’on se donnait la peine de gratter un peu la crasse et l’enduit). Magnifique.

4) Un exposé plein de poésie sur la biodiversité, les chauves souris, les oiseaux et les papillons. Vraiment très émouvant.

Bref, tout allait bien et nous étions tous muncipalement attendris quand est arrivée une délibération sur la rue des Carmes. Une de plus. Une petite délibération de rien du tout. Une nano-délibération, qui portait sur le énième rachat par la Ville de l’un des infortunés appartements situés entre le 45 et le 77 de cette pauvre rue. Un des ces appartements que la muncipalité s’apprête froidement à démolir afin d’aménager  une chouette perspective sur le café de la Croix Morin. Un petit sacrifice pour un projet exaltant. Grandiose. Cosmique. Comme j’ai mauvais esprit, je pose deux ou trois questions à  ce sujet. D’abord sur un courrier un peu inquiétant envoyé aux habitants de la rue des Carmes par M. Montillot, ensuite sur l’atelier de piétonisation de cette même rue, promis en décembre et oublié en février. Puis je souligne que les incertitudes qui pèsent sur ce quartier sont de nature à faire peur à pas mal de gens de la rue des Carmes, qui, très inquiets pour la valeur de leur bien,  souhaitent s’en dessaisir au plus vite (on les comprend, les pauvres). Ceci alors même qu’aucune décision n’a encore été formellement acté sur le projet de la muncipalité et qu’on en est, parait il, à la phase de concertation. J’ajoute un truc sur les malheurs de l’amendement ABF, fusillé par le conseil constitutionnel, rien de méchant. Un truc un peu abstrus que seuls les amateurs de procédure constitutionnelle contentieuse ont pu apprécier vraiment. C’est mon côté techno.

Hoù là là! Que n’avais-je pas été dire là! Mme Chéradame, à qui je ne métais même pas adressée (pourquoi l’aurais-je fait grands dieux? Elle n’est pas en charge du dossier Carmes) s’est estimée insultée. Diantre! Et M. Carré m’a menacé d’un procès en me faisant les gros yeux. Et la grosse voix. J’ai eu très très peur. Un procès parce que je dénonçait les conséquences d’une politique pour un quartier? Un procès parce que je m’étonnais de la manière de faire peu transparente  de la muncipalité? Un procès parce que j’ironisais sur un amendement pirate voté par M. Carré et qui a été censuré par le vilain conseil constitutionnel (l’amendement, pas M. Carré)?

Alors, la rue des Carmes, sujet tabou? La politique muncipale vache sacrée? Les actions de la ville aussi impénétrables que les voies du Seigneur?

A Orléans, la démocratie s’arrête là ou finit l’adhésion à la politique municipale. Et la politique muncipale, c’est un peu comme un rituel magique : si on veut que ça marche, il faut y croire. C’est pourquoi il importe d’éloigner les mécréants : ils sont capables de faire rater le rituel.

C’est sans doute la raison pour laquelle, si j’ai eu droit à des menaces, Baptiste Chapuis, lui, a fait l’objet d’un dénigrement systématique et d’attaques ad personam tout à fait indignes d’une enceinte démocratique et de gens bien élevés. Tout cela parce qu’il a osé poser une question sur un sujet qui n’a rien à voir avec les Carmes :  la crèche Pasteur, promise à une gestion privée. “Incompétent”, “doit potasser ses dossiers”, “n’a rien compris” qu’on lui a dit. Vous imaginez la scène si un membre de l’opposition municipale traitait un membre de la majorité d’incompétent? Si on conseillait à un adjoint de revoir ses dossiers? Si on prétendait qu’un de nos collègues pourvus d’une délégation ne comprenait rien à ce qu’on lui disait? J’entends déjà les hurlements, les cris d’indignation, les spasmes de rage, les trépignements de protestation. Indignation, rage et protestationjustifiées, au demeurant. Le combat politique ne se grandit pas à ses attaques personnelles.

La majorité, qui jouit de la maitrise du pouvoir, semble avoir perdu le sens de la mesure, en même temps que celui de l’humour. Aucune distance, aucune critique, aucun reproche n’est toléré. Seules la louange, la flatterie et la complaisance lui sont agréables.  Faute de quoi, elle ne craint pas d’user de bien étranges pratiques. Et de recourir à l’intimidation verbale. Et au mépris.

Pourquoi ne pourrait-on donc pas poser des questions simples en conseil municipal? Ou de simples questions? Comme par exemple : C’est quoi le problème avec la rue des Carmes? Pourquoi on ne peut pas en débattre? J’ai beau être brave fille, je n’ai toujours pas compris pourquoi cette ville s’apprêtait à dépenser une bonne quinzaine de millions d’euros pour détruire des maisons anciennes et mettre dehors quelques dizaines de familles. Tout ça pour une perspective qui n’existe pas. Ou pour des voitures dont personne ne veut. Donc je pose des questions. Je fais comme on m’a appris à l’école. Je m’interroge. Et si l’on continue à ne pas me répondre (et à me menacer), je vais commencer à me faire des idées. Des mauvaises idées.

La majorité n’a pas fini d’entendre parler de la rue des Carmes…

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Mascaraditude

10 février 2009 · 29 commentaires

Pour l’édification générale, voici une vidéo de notre président bien aimé (Béni soit Son Nom)  qui nous parle de la recherche et de l’université.

C’est en effet aujourd’hui “journée blanche” dans beaucoup d’universités françaises. Cela signifie que les cours y sont suspendus et que les enseignants chercheurs sont appelés à y expliquer à leurs étudiants et à tous les citoyens de bonne volonté les raisons du mouvement de protestation actuelle, ainsi que ce qui motive la fin de non recevoir opposée par la communauté universitaire dans son ensemble  (droite et gauche confondues) à  la réforme mal fagottée de son statut.

La video qui suit a été réalisée par des collègues d’Aix Marseille . Elle fournit, en contrepoint de la parole présidentielle, d’utiles éléments d’éclaircissement qui aideront les uns et les autres à se faire une idée plus nette de la réalité de la situation, et de la pertinence de la communication grouvernementale. Bon visionnage!

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Pas de quartier pour la démocratie locale

6 février 2009 · 26 commentaires

Last, but not least. Voici, pour information, le communiqué publié en réponse à l’interview accordée par le maire d’Orléans à la République du Centre. Sauf erreur de ma part, ce communiqué n’a pas été repris dans la presse.

Naturellement, à titre personnel, je ne commenterai pas l’affirmation, soutenue par le premier magistrat de la ville, selon laquelle j’aurais “fait semblant” de m’énerver en conseil municipal.

Je tiens enfin à rappeler que sur cette question de la démocratie locale, le travail de la majorité municipale relève pour l’instant de la pure incantation . Il ne suffit pas de prendre des postures avantageuses de grand démocrate et “de sauter comme un cabri en disant “la démocratie locale, la démocratie locale”. Il faut aussi mettre ses actions en cohérence avec ses paroles.

Or, c’est une bien cruelle épreuve que celle de la réalité, mais c’est aussi la seule qui vaille en politique. A Orléans, l’examen de passage a été raté. Dès qu’il s’est agi de poser des actes, d’entrer dans le vif du sujet et de faire droit  aux propositions formulées par l’opposition, les vertueuses déclarations d’intentions dont la majorité s’était gargarisée ont été subitement oubliées au profit du cynisme le plus brutal. Nous voilà prévenus pour la suite. Pour ma part, je n’attends plus rien de ces instruments d’agitprop. que sont ces fameux “CMA”.

J’ajoute une dernière chose : cette fermeture, grossière, caricaturale par son ampleur et son manque totale de nuance, fut une erreur politique. L’opposition muncipale, qui est bonne fille, au fond, se serait bien contentée d’un strapontin (puisque je rappelle que sur un potentiel maximum de 84 “personnes ressources”, l’opposition aurait dû se voir attribuer la faculté de pourvoir un poste par quartier, soit de désigner 12 personnes au total : pas de quoi fouetter un chat!). En cherchant à l’humilier le maire s’est tiré tout seul une balle dans le pied. Pour quel bénéfice???

Le groupe de l’opposition tient à répondre aux allégations de Serge Grouard dans son interview publiée dans la République du Centre du 04/02/09.

La représentativité démocratique se mesure à l’aune de l’ouverture pratiquée dans les instances de concertation. A Orléans, aucun doute n’est permis : le collège des personnes ressources au sein des Comités de Mobilisation et d’Animation des quartiers est composé à 96% de proches de la majorité UMP-Modem-MPF (78 sur 81 !).

96% ! Un score remarquable ! Une très belle performance, digne des régimes les plus démocratiques !

L’opposition tient également à rassurer le maire d’Orléans sur les rapports entre le PS et le PC qui semblent tant l’inquiéter. Le travail entre les deux groupes de l’opposition se fait en bonne intelligence dans le respect de chacun, dans un esprit constructif et ce dans l’intérêt de tous les orléanais.

L’organisation de l’opposition peut-elle réellement justifier les atermoiements de la charte de la participation citoyenne ? Ne serait ce pas un prétexte pour masquer une réalité bien plus cynique ?

L’opposition a, elle, joué le jeu de la concertation en proposant plus de 50 personnes ressources dans l’ensemble des quartiers et ce dans des conditions de délais très courts. L’opposition précise néanmoins qu’elle n’a jamais proposé comme personne ressource Christophe Desportes-Guilloux qui est le collaborateur du groupe.

De plus, contrairement à la majorité, elle a souhaité écarter toutes les personnes ayant des responsabilités professionnelles à la mairie. Il faut rappeler que dans la première liste présentée par la majorité un certain nombre de directeurs de services de la ville étaient désignés.

Enfin, les personnes proposées par l’opposition l’ont été sur la base de leur engagement et de leur implication dans leur quartier, sans considération de leur sensibilité politique. On ne peut en dire autant de celles qui ont été retenues par la majorité UMP-Modem-MPF. La politique c’est faire des choix. Le maire UMP a décidé de claquer la porte à de très nombreuses associations et forces vives des différents quartiers d’Orléans.

La municipalité UMP-Modem-MPF a fait le choix de politiser les CMA en y intégrant des représentants politiques : un représentant des jeunes du Nouveau Centre (La Source), un représentant de l’UNI (St Marceau), les membres du comité de soutien de Michel Languerre (candidat UMP aux élections cantonales à La Source), de nombreux anciens membres des CCQ dévoués à la majorité, des membres de la famille des adjoints de la ville (St Marceau), des anciens candidats UMP ou Modem aux cantonales (Argonne, Acacias), des soutiens notoires de la politique municipale (Bourgogne-République, Carmes), etc.

Votée en décembre 2008 par une majorité qui ne l’avait pas lue, bafouée en janvier 2009 par une majorité qui ne veut pas la mettre en œuvre, la charte n’a plus d’utilité et de crédibilité aujourd’hui. La mascarade est finie. Les masques sont tombés.

Baptiste Chapuis et Corinne Leveleux-Teixeira pour le Groupe « Socialistes, Verts et apparentés »

Catégories : Mise au net
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Requiescat in pace

3 février 2009 · 55 commentaires

Charte de la participation citoyenne (19 décembre 2008-30 janvier 2009)

Votée sans avoir été lue

Oubliée avant d’avoir été mise en oeuvre

Regrets éternels

En guise d’épitaphe, une dernière évocation de ce texte qui parle de transparence (art. 2), d’ouverture (article 3) et de respect (article 4):

Les comités de mobilisation et d’animation des conseils de quartier se composent, outre des élus de

5 à 7 personnes-ressources, choisies en fonction de leur compétence dans des domaines de l’activité municipale, dont des personnes pouvant appartenir au secteur associatif. Ces personnes sont nommées chaque année par l’adjoint délégué à la coordination de la politique de proximité sur proposition du président du Conseil consultatif de quartier et des élus siégeant au CMA. Leur nomination peut être renouvelée. La désignation des personnes-ressources fait l’objet d’une information en Conseil municipal.”

Et encore bravo à l’équipe municipale pour son sens de la farce et son spectacle de prestidigitation!

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La journée des dupes

2 février 2009 · 14 commentaires

Conseil Municipal éprouvant vendredi soir. Il y eut bien des motifs d’irritation, et j’avoue que plusieurs sujets m’ont profondément affectée:

1) La délibération sur la rue des Carmes et la politique du fait accompli développée par la municipalité qui aboutit à pousser bien des propriétaires inquiets par le projet d’alignement à vendre leur bien. ;

2) Le mépris affiché pour l’université d’Orléans et ses chercheurs, qui seraient médiocres et ne compteraient que très peu de publications à leur actif.

3) La mascarade que fut la désignation des “personnes ressources” devant siéger dans les “comités de mobilisation et d’animation”  ou CMA (sorte de “comités de pilotage”) des futurs conseils consultatifs de quartier.

C’est sur ce dernier point que je souhaiterais revenir dans un premier temps. Ces CMA sont prévus dans la charte de la participation citoyenne qui a été votée lors de la séance du Conseil Municipal du 19 décembre dernier. Notre groupe d’opposition avait négocié cette charte pied à pied avec le cabinet du maire, espérant jusqu’au bout l’amender dans un sens qui nous paraissait conforme à l’interêt général (en gros : plus de place pour les associations et pour les élus de tous bords; possibilité pour les élus de l’opposition d’assurer leur permanence dans n’importe quel quartier de la ville). A la suite de l’échec de ces négociations, nous avions décidé de voter CONTRE ce texte.

Néanmoins, légalistes, nous étions aussi résolus à en respecter le contenu et à mettre en oeuvre cette charte dans la mesure de nos possibilités. Ce n’est pas parce que l’on est en désaccord avec un texte voté par une majorité que l’on n’est pas tenu de l’appliquer : la loi, c’est la loi.

Chacun dans nos quartiers respectifs, nous avons donc contacté des personnes qui nous paraissaient susceptibles de s’impliquer utilement dans la vie de leur quartier et de faire partie des CMA au titre des “personnes ressources”. Pour ma part, j’ai eu à coeur d’effectuer ces démarches  sans tenir compte des appartenances politiques de tel ou tel, rencontrant des membres d’associations, des commerçants, des parents d’élèves, etc. qui m’avaient indiqué souhaiter s’engager pour leur ville.

Dans la majorité muncipale, j’avais comme interlocutrice Mme Mauroy, présidente de mon conseil consultatif de quartier (Bourgogne République) avec laquelle les choses se sont plutôt bien passées, après un bref round d’observation. Mme Mauroy eut en particulier à coeur de recevoir chacune des personnes que je lui avais indiquées (un peu plus d’une dizaine), pour mieux les connaître et juger de leur motivation. De son propre aveu, les candidatures que je lui ai soumises étaient “excellentes”.

Finalement, après un dernier échange de mails, nous sommes tombées d’accord sur la solution suivante : sur 7 personnes, elle en proposait 6, en fonction de critères tout à fait acceptables (représentativité géographique, secteur associatif, âge, parité, etc.) et en retenait une de mon contingent. Bon, un sur 7, ce n’est pas terrible, terrible, mais après tout, dans la mesure où nous nous étions mises d’accord, et où je n’avais aucune raison de douter de la neutralité des personnes proposées et de la bonne foi de mon interlocutrice (je n’en doute d’ailleurs toujours pas, c’est cela qui est terrible), je donnai mon accord à cette transaction.

J’ai donc prévenu ma “candidate” et puis j’ai attendu sereinement le conseil, un peu inquiète tout de même par ce que me racontaient mes collègues de l’opposition sur les bidouillages en cours dans leur quartier.

Que croyez vous qu’il arrivât? Vendredi soir, à ma grande consternation, je découvris que, sans m’en avertir, on avait changé la liste en en retirant ma candidate. Toutes ces consultations n’avaient donc servi à rien. Ces coups de téléphones, ces discussions, cette réunion avec Mme Mauroy, ce temps passé et perdu. Tout cela pour une liste proposée à 100% par la majorité. Comment ne pas crier à la mascarade? Comment ne pas hurler de rage et de dépit devant ce tour de passe passe? Comment pourrai-je encore faire confiance à l’équipe majoritaire? Comment pourrai je ne pas douter, par contrecoup, de la neutralité politiques des membres du CMA que l’on m’impose sans aucun droit de regard. On m’objectera sans doute que ces CMA ne sont pas des lieux de pouvoir. Mais alors, pourquoi en refuser l’accès aux candidats de l’opposition? L’un des membres de la muncipalité, en conseil, nous a même expliqué que ces CMA devaient se composer de personnes “honnêtes et compétentes”. Est-ce à dire que nos candidats étaient malhonnêtes et incompétents?

Vendredi soir, je me suis sentie trahie, dupée, flouée. C’est cela la concertation à la sauce orléanaise? C’est cela le respect? C’est cela le dialogue démocratique?

Vendredi soir, j’ai eu honte pour la majorité municipale.

PS: Je vous reproduis en copie un échange de mails avec Mme Mauroy qui vous permettra de vous faire une idée de la bonne qualité de nos relations et qui montre, sans contestation possible, que nous étions bien parvenues à un accord. L’argument selon lequel nous aurions proposé nos listes trop tard ne tient donc pas.

J’ai juste retiré les noms complets et les adresses des intéressés.

> De :    MAUROY Catherine
> Envoyé :    samedi 24 janvier 2009 12:51
> À :    ‘cleveleux@yahoo.com
> Objet :    Propositions CMA Bourogne-République
>
> Bonjour Madame Leveleux,
>
> En fonction des rendez-vous de ce matin, voici la composition proposée pour le CMA Bourgogne-République:
>
> 1) M. Jean-Jacques C
> Association Mieux Vivre dans le quartier Dessaux, Saint Euverte, Saint Aignan
>
> 2) M. Christian G
>
> 3) M. Louis S
>
> 4) Mme Anne R [ma candidate]
>
> 5) M. Stéphane R
>
> 6) M. Roland C
>
> 7) M. Jacky M
> Association Voisinage Bourgogne
>
> Propositions  auxquelles, il faut ajouter les personnes déjà admises:
>
> – Vous-même,
> – Nelly Servais,
> – Liliane Coupez,
> – Aude de Quatrebarbes,
> – Guy Torreilles -
> – Moi.
>
> Je vous remercie de bien vouloir me donner votre avis sur ces propositions qui ont l’avantage de:
> – l’équilibre géographique dans le quartier,
> – la présence du milieu associatif
> – panacher les générations ( moitié quatra ( ou moins) et moitié +),
> – la parité ( 6 femmes, 7 hommes),
> – du renouvellement puisqu’à l’exception des  associations, toutes les personnes sont nouvelles.
>
> Bien entendu, cela n’est certainement pas parfait, et j’ai essayé de faire au mieux. Je vous remercie de bien vouloir me donner votre avis d’ici à lundi.
>
> Bien cordialement,
>
> Catherine MAUROY
> Adjointe au Maire pour le Centre Ville
> Présidente du Conseil Consultatif
> Bourgogne-République
> 02/38/81/31/80
> cmauroy@ville-orleans.fr
>
>

De : Corinne LEVELEUX cleveleux@yahoo.com

À : mauroycatherine@yahoo.fr

Envoyé le : Lundi, 26 Janvier 2009, 0h04mn 55s

Objet : Re: TR: Propositions CMA Bourogne-République

Chère collègue,

Je vous remercie pour votre mail. Je souscris aux principes qui ont guidé votre liste. Je pense qu’effectivement vous avez essayé de faire au mieux, dans un délai très court. A titre personnel, je regrette la précipitation de la dernière ligne droite, succédant à 3 semaines de flottement (cette remarque ne vous étant pas destinée, mais visant la totalité du processus de désignation des personnes ressources, pour l’ensemble des CMA d’Orléans), de même que je déplore que nous n’ayons eu, dès le départ, ni calendrier clair, ni procédure précise du déroulement des opérations, malgré plusieurs courriers adressés au maire et à Mme de Quatrebarbes.

Enfin, comme je vous l’avais indiqué jeudi soir, je trouve dommage que le conseiller général de notre canton ne soit pas représenté dans notre CMA, au moins au titre d’expert (hors quota). Il s’agit là d’une position de principe, d’ailleurs commune à l’ensemble du groupe d’opposition, (socialistes, vers et apparentés).

Malgré ces réserves, qui, je vous le répète,  ne vous sont nullement imputables à titre personnel, je prends acte de votre bonne volonté et vous remercie d’avoir essayé de constituer un CMA cohérent et motivé, et de m’avoir tenue informée de vos choix.

Bien cordialement,

Corinne LEVELEUX-TEIXEIRA

Bonjour Madame Leveleux,

Je vous remercie de votre réponse. Je pense, en effet,  ce nouveau CMA motivé et j’espère sincèrement que nous trouverons une dynamique ( et aussi une vitesse de croisière…) intéressante pour le quartier.

Nous aurons de toute façon l’occasion d’en discuter dès février. Lorsque le CMA sera officiellement validé, je compte bien que nous mettions la question du fonctionnement et de nos actions à l’ordre du jour de la première réunion qui sera proposée.

Sachez que je reste à votre disposition, si vous souhaitiez émettre quelques avis.

De même, si vous avez d’autres personnes intéressées pour participer au CCQ, n’hésitez pas. Les personnes qui sont venues de votre part, étaient toutes intéressées et motivées. Le CCQ étant ouvert à tous, nous continuons bien entendu de prendre en compte toutes les personnes qui se manifestent.

Vous souhaitant une bonne semaine.

Bien cordialement,

Catherine MAUROY

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