Place de l’Etape

Entrée de mars 2009

Evacuation musclée au rectorat d’Orléans

28 mars 2009 · 8 commentaires

Je vous reproduis tel quel le témoignage d’un étudiant qui était présent lors des incidents qui se sont déroulés hier, vendredi, dans l’enceinte du Rectorat d’Orléans-Tours.

Après l’AG de vendredi, une action était prévue à la Gare de Fleury les Aubrais à l’origine pour brouiller les pistes, mais une fois dans le tramway, le mot est passé de se rendre au rectorat. Seuls des étudiants étaient présents à ce moment là, les personnels n’ayant pas terminés leur AG. Tout le monde est descendu à Chatelet, le groupe a prit les petites rues pour se rendre au rectorat. En arrivant à proximité, trois personnes ont pris les devant et ont sonné afin de pouvoir rentrer. Les portes s’ouvrant, tout le petit groupe (environ 70 personnes) a pénétré dans le rectorat. Malheureusement, une bonne partie d’étudiants et de personnels retardataires ayant pris le tram’ d’après n’ont pas pu rentrer.

rectorat2
Dès l’instant où le groupe est entré, les caméras des médias ( France 3, France 2, France Bleu, France info…) se sont présentées à l’entrée mais  n’ont pas eu l’autorisation de rentrer.
Les professeurs, personnels et étudiants attendant devant les grilles ont fait parvenir une cinquantaine de sandwich à l’intérieur. Un professeur a pu escalader les grilles et pénétrer à l’intérieur du rectorat pour rejoindre les étudiants ; trois autres professeurs ont négocié avec la police pour pouvoir pénétrer et discuter avec les étudiants.
Une courte AG s’est tenue à l’intérieur du bâtiment; les revendications unanimes étant de laisser rentrer les journalistes et d’avoir un entretien médiatisé avec le recteur pour lui faire par des revendications du mouvement qui anime toute la communauté universitaire depuis le 2 février. Celui-ci étant en déplacement, donnait ses ordres par téléphone au directeur de cabinet.
Après une occupation de 4h, il a clairement été dit à la police que le groupe ne sortirait pas sans gain de cause, mais qu’il n’y aurait qu’une résistance passive.

rectorat4Les CRS sont intervenus, au départ assez “doux”, puis pour plus de facilité certains ont employé la manière forte, ainsi que quatre agents de la B.A.C arrivés en plein milieu de l’évacuation. Ceux-ci étant particulièrement agressifs envers les étudiants qui eux restaient toujours passifs. De nombreux étudiants ont filmé certaines bribes de l’intervention. Dès que le chef de la police, assez coopérant, avait le dos tourné, les agents en profitaient pour utiliser coups de pieds, coups de poings et matraques.
Un policier filmait l’intervention de son coté, en posant la caméra de temps à autres pour pouvoir lui aussi participer en donnant des coups de pieds au groupe, reprenant sa caméra pour ne filmer que les interventions sans violence de la part des agents.
Usant de points de compression, de clés de bras en tous genres, d’arrachage de vêtements (et de chaussures ! ), ils sont parvenus à faire sortir tout le monde de façon plus ou moins violente selon les agents.
Cependant, un événement majeur est a noté, l’intervention sur Aurélien T a mal tourné car il s’est prit des coups et a commencé à saigner. Devant cette bavure, les agents n’ont pas voulu le laisser sortir devant les caméras présentes devant les grilles du rectorat. Tout le monde était sortit et voyant qu’ils ne voulaient pas relâcher Aurélien qui n’avait rien fait, les esprits s’échauffaient devant les grilles entre cordon de CRS et étudiants et personnel de l’université.
Aurélien a été menotté et embarqué à l’hôtel de police.
Tous le groupe s’est donc rendu devant l’hôtel de police, improvisant un sitting sur le Faubourg Saint Jean afin de réclamer la libération d’Aurélien.
Les CRS ont fermé toutes les grilles et étaient prêt à intervenir si besoin, mais encore une fois les les étudiants et personnels étaient totalement pacifiques.
Aurélien a été relâché vers 19h. Il est amené à comparaitre devant le tribunal le 9 septembre pour “rebellion”.

rectorat7Face à cette bavure policière et à cette injustice, un comité de soutien pour Aurélien sera mis en place dès lundi, des pétitions seront diffusées et des lettres aux élus seront envoyées.
Il est à signaler qu’il n’est pas le seul à avoir été blessé et que plusieurs se sont rendu chez le médecin afin de faire constater leur blessures.

L’événement est déjà relayé par certains sites, je vous invite à en prendre compte:

Bellaciao:
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article83138#forum312002

La gazette d’Orléans:
http://www.gazettedorleans.fr/spip.php?article1164

Université en lutte:
http://universitesenlutte.wordpress.com/2009/03/27/evacuation-du-rectorat-dorleans/

7h10.com:
http://www.7h10.com/2009/03/28/evacuation-du-rectorat-d%E2%80%99orleans/

Nombreuses vidéos sur Youtube donc:
http://www.youtube.com/watch?v=pPdkcVOH3y

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Place de l’Etape solidaire de la Sorbonne occupée

26 mars 2009 · 5 commentaires

Rien à voir avec l’actualité orléanaise (quoique…). J’apprends ce soir que la Sorbonne est occupée par ses personnels (enseignants, BIATOSS, étudiants) pour protester contre les pernicieuses réformes initiées par les ministres de l’enseignement supérieur et de l’éducation nationale. Pour les squatters, il s’agit aussi d’obtenir le déménagement du rectorat de Paris des locaux de la Sorbonne, dont il truste le quart de la surface, au détriment des espaces dévolus à la recherche et à l’enseignement.

Cette occupation pacifique, qualifiée de “grève active” par ses promoteurs, s’accompagne d’une série de propositions de séminaires spontanés et de cours ouverts à tous, sur les sujets les plus variés. Par exemple, samedi 28 mars aura lieu à l’institut d’art et d’archéologie, de 10h30à 12h, salle 303, un séminaire alternatif, participatif et rétroactif  sur “Communication & Subversion”, session 6 . Communiquer en temps de crise : rumeurs, “intox” et façonnage de l’opinion de la Révolution française aux années Sarkozy (1789-2009).” Sympa, non?

La Sorbonne


A l’image des initiatives nées depuis quelque temps d’une imagination citoyenne en ébullition, ce mouvement témoigne de l’émergence de nouvelles formes de militantisme, mais aussi d’une radicalisation croissante des protestations sociales. Face à la surdité actuelle du gouvernement, une résistance diffuse, multiforme, durable, s’organise. Espérons que les refus pacifiques d’aujourd’hui ne se transformeront pas demain  en des révoltes plus violentes, à force d’exaspération contenue et de demandes laissées sans réponse.

Pour en savoir plus sur ce mouvement, je vous invite à consulter ce blog: http://sorbonneengreve.revolublog.com/

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Ile Arrault, île à rêves

22 mars 2009 · 10 commentaires

heron1blogJeudi soir 19 mars, j’ai assisté à la réunion publique organisée par la mairie à la salle de la Cigogne à propos de l’implantation du grand équipement sportif (dit “Future Arena”) sur le site de l’île Arrault. On le sait, ce projet, annoncé sans concertation, et toujours pas débattu en conseil municipal (vous savez, l’instance où sont sensées être évoquées toutes les affaires intéressant la ville), mobilise contre lui une grande partie des riverains du lieu  (et pas seulement eux), dans un quartier réputé pour sa tranquillité et sa grande qualité de vie.

L’information délivrée par l’équipe municipale (dignement représentée à la tribune par le marie d’Orléans, l’adjoint aux finances, M. Martin et l’adjoint du quartier Saint Marceau, M. Gainier) a laissé bien des participants sur leur faim. Certains  espéraient peut être fléchir la détermination de la majorité sur le choix du site. Ils ont été déçus. Beaucoup attendaient sans doute des explications claires et des réponses précises sur les questions de circulation posées par le projet, la préservation du site, les nuisances  inévitables liées aux allers et venues de dizaines de milliers de visiteurs, l’accessibilité, le financement et la rentabilité du projet, etc.  Ceux là ont été dépités.

Personnellement, j’ai tout particulièrement apprécié le parallèle audacieux entre Future Arena et le POPB (palais omnisports de  Paris Bercy), qui m’a paru être le degré zéro du procédé rhétorique. Certes, les riverains de Bercy ne se plaignent pas de l’implantation du POPB mais le site est intensément urbanisé depuis la fin du XIXè siècle et il y a belle lurette que les hérons n’y nichent plus. En outre, les problématiques d’une agglomération d’à peine 300 000 habitants, en termes de transports en commun et de potentiels d’utilisation des salles de sports ou de spectacles, ne peuvent être sérieusement comparées avec celles d’une région de plus de 8,5 millions de personnes, dont beaucoup se déplacent en métro et en RER. Parler du POPB à propos de Future Arena, c’est donc aussi peu pertinent que d’évoquer le musée Guggenheim à propos du grand équipement sportif.

Par delà l’âpreté des débats, il me semble que ce dossier est exemplaire à un triple point de vue.

1) sur le plan de la méthodologie municipale d’abord. La ville d’Orléans parle d’autant plus de concertation qu’elle l’a pratique moins. Sans même rappeler ici les épisodes burlesques de la charte de la participation citoyenne, on ne peut qu’être frappé par le fait que ce projet est pour l’instant totalement  piloté hors conseil municipal, c’est à dire hors instance représentative. C’est vraiment le fait du prince. A quoi servent vos élus, mes amis?  A rien! Le maire a même proposé, comme ça, la création d’un mystérieux comité de pilotage, dont on ne sait rien des règles de fonctionement, du rôle ou de la composition. Au fait il n’y a pas un “CMA du CCQ” Saint Marceau? Il ne pourrait pas s’emparer de ce sujet, par hasard? Le projet Future Arena incite donc à s’interroger sur le sens même de la concertation à l’orléanaise: Car enfin, inviter  royalement les citoyens à s’exprimer sur le choix de la couleur des portes quand c’est du bâtiment qu’ils ne veulent pas, est-ce encore pratiquer de la concertation? N’est-on pas plutôt dans une sorte de parodie de vie démocratique? Future Arena, c’est la mascaraditude près de chez vous.

2) Sur la conception même du projet, ensuite. J’ai noté, à plusieurs reprises, dans les propos du maire d’Orléans comme dans ceux de son adjoint aux finances, des syntagmes comme “aménagement d’un site urbain” ou “développement d’un site urbain”. Ces expressions sont révélatrices d’un problème de fond : comment conçoit-on l’île Arrault? Dans l’esprit de nos édiles, il s’agit d’un site urbain à valoriser. Dans l’esprit des détracteurs du projet dont l’opposition municipale, il s’agit d’un site naturel à préserver.  Tout l’enjeu est ici la conservation d’un poumon vert pour Orléans, en harmonie avec le fleuve, indompté, qui la traverse. Pour le coup, si l’on veut reprendre la comparaison avec Paris, ce n’est pas Bercy qu’il faut prendre comme point de référence, mais le bois de Vincennes ou le bois de Boulogne.

La Loire à l'île Arrault

3) Sur l’appréhension globale du projet, enfin. Encore une fois, la municipalité donne l’impression de penser partiel au lieu de réfléchir global. Un projet de grand équipement de 10 000 places doit être conçu a l’échelle de l’agglO et non de la seule ville d’Orléans. Le paramètre des transports en commun doit être un élément décisif dans le choix de l’implantation, puisque, comme l’a fait remarquer l’un des participants à la réunion, Future Arena a vocation a rayonner sur l’ensemble du département et qu’il n’est pas raisonnable de demander aux habitants de Montargis de venir en tramway.

Face à ces incohérences l’heure est donc plus que jamais à la mobilisation collective, puisqu’à Orléans, la concertation est un sport de combat.

Depuis le 16 mars dernier, une association s’est constituée : L’association de défense de l’Ile Arrault destinée à protéger le site de l’Ile Arrault et les bords de Loire afin de leur conserver leur caractère d’espace vert. Son site est le suivant : http://ilearrault.blogspot.com

Il s’agit d’une association qui regroupe des citoyens désireux de protéger leur quartier, et, plus largement, de conserver à leur ville un site naturel magnifique.

Tous les Orléanais devraient se sentir concernés par cette question. Car l’île Arrault, c’est un peu de l’âme de leur cité.

PS: J’ai emprunté les photos qui illustrent cet article à Jean-François Grossin. Jean François  a le blog le plus beau de l’agglO. Ses photos d’Orléans sont tout simplement MA-GNI-FI-QUES. A voir absolument : http://orleanspassion.spaces.live.com/

Catégories : Mise en perspective

La mauvaise équation de la mairie pour les Carmes : des grandes surfaces, moins de logements, plus de voitures

13 mars 2009 · 14 commentaires

Mardi soir 10 mars s’est tenue à la mairie de proximité de la place de la République le premier atelier thématique consacré au « fonctionnement » de la rue des Carmes. La réunion était animée par Catherine Mauroy (adjointe pour le centre ville), en présence de Mme Ricard (conseillère déléguée pour le quartier Carmes Bannier), de M. Foussier (adjoint pour le commerce) et de plusieurs membres des services techniques de la ville d’Orléans.

A cette occasion, les participants à la réunion ont pu prendre connaissance des « avantages» du projet d’urbanisme sensé justifier le sacrifice d’une partie de la rue des Carmes et l’expropriation de certains de ses habitants. Première donnée : les logements. Actuellement, les immeubles promis aux bulldozers comptent « environ » 90 logements. La grandiose opération d’urbanisme projeté permettra d’en construire une soixantaine, soit une perte sèche d’une trentaine d’unités.

Deuxième donnée : les places de parking. Pas moins de 3 nouveaux parkings vont être en effet construits dans un rayon de 500 mètres : un sous l’actuelle trémie Jaurès, un rue des Carmes, et un au Cheval rouge. L’ensemble comptabilisera à peu près un millier de places. Pas de chance, moins de 15% de ces places seront réservées aux riverains.

Troisième donnée, la plus importante : le commerce. Le traitement du quartier va permettre la floraison de 4 « espaces commerciaux » de grandes capacités (1000 m2 rue Carmes ; 1200 m2 sur trois niveaux place du Cheval rouge, accouplés au fameux parking). Nous formons tous des vœux ardents pour que ces locaux trouvent preneurs à un rythme un peu plus soutenu que ceux de l’infortunée halle de la Charpenterie, vide depuis 8 ans (ce qui nous laisserait jusqu’à 2021, puisque les travaux d’aménagement sont sensés être « finalisés » en 2013).

Au total, face à un projet d’urbanisme bien modeste dans ses réalisations quoique bien couteux pour la ville (AUCUN CHIFFRAGE financier, même estimatif, n’a d’ailleurs été annoncé lors de cette réunion), les vrais enjeux de l’entreprise sont ailleurs : dans la caisse enregistreuse des magasins. Malgré les animations numériques en couleurs sur fond de ciel bleu, le projet Carmes est d’une triviale banalité. Il s’agit beaucoup plus d’une requalification commerciale doublée d’une opération de stockage des voitures que d’un plan d’aménagement et de valorisation du quartier. L’opposition municipale (Groupes socialistes, Verts et apparentés) dénonce donc avec force les contradictions d’une entreprise déjà ringarde avant même d’avoir vu le jour.

Écologiquement, c’est une catastrophe. Alors que nos concitoyens, soucieux d ‘économiser leur porte monnaie et leur planète, délaissent de plus en plus leurs véhicules pour marcher ou emprunter les transports en commun, alors que l’AgglO, après maints errements, investit 315 millions d’euros dans la construction d’une deuxième ligne de tram, la ville d’Orléans promeut la circulation automobile, multiplie les parkings en plein centre ville et encourage le recours à un mode de déplacement coûteux et polluant. Voilà de quoi faire se retourner le Grenelle de l’environnement dans l’arrière placard où il a été oublié !

Commercialement, ce n’est pas mieux. A quoi rime cette volonté municipale de multiplier les espaces commerciaux de grande capacité (plus de 400 m2), alors que les habitudes de consommation changent au bénéfice du petit commerce de proximité ? Pourquoi prendre le risque d’un nouveau Waterloo boutiquier à l’heure où les locaux déjà construits ailleurs (comme aux halles) et dévolus à de grandes enseignes ne trouvent pas preneurs ? Pourquoi multiplier les mètres carrés de vente alors que M. Foussier s’avère déjà incapable de trouver un successeur au Champion de la Source et au Lidl de l’Argonne?

Ce n’est pas la rue des Carmes qui a besoin d’un atelier de « fonctionnement ». C’est ce projet Carmes qui ne fonctionne pas.

Catégories : Mise au point
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