Place de l’Etape

Entrée de octobre 2009

La démocratie participative à Orléans. Droit de réponse

29 octobre 2009 · 21 commentaires

Ci dessous la reproduction intégrale d’un courrier de M. F. Camé, PDG d’Etik presse, courrier envoyé par voie électronique et par lettre avec accusé de réception en réponse à mon article sur la démocratie participative à Orléans.

François Camé

ETIK-PRESSE

4, rue Emile Dubois

75014 Paris

En recommandé avec accusé de réception

Paris, le 29 / 10 / 2009

Bonjour,

Suite à l’article paru sur votre blog, daté du 28/10/09, intitulé “La démocratie participative à Orléans : entre Shadocks et pieds nickelés”, dans laquelle la société ETIK-PRESSE est mentionnée, je vous prie de bien vouloir publier le droit de réponse ci dessous, selon les règles définies par l’article 6 IV de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique.

Rappel : l’insertion de la réponse doit être faite à la même place et dans les mêmes caractères que le message critiqué. De plus, la réponse doit également être diffusée de manière que lui soit assurée une audience équivalente à celle du message initial.

Cordialement

Signé : F. Camé

Démocratie participative : corrections

Origine : François Camé, directeur d’ETIK-PRESSE

Madame,

Vous indiquez sur votre blog, dans un article intitulé “La démocratie participative à Orléans : entre Shadocks et pieds nickelés”, que l’organisation du Forum citoyen, des nouveaux Conseils consultatifs de Quartier et la Charte de la démocratie mise en place par la Ville d’Orléans vous semblent difficile à comprendre ; et que, je cite : « - Ca (sic) salmigondis institutionnel nous est servi par une boite de communication et de marketing politique: Etik press (re-sic), qui fait surtout dans l’affichage. »

Or : la société « Etik press » s’appelle en fait : ETIK-PRESSE.

La même société ETIK-PRESSE, que nous avons fondé en 2004, n’est pas « une boite de communication et de marketing politique » ; ou, comme vous l’avez indiqué sur France Bleu, le 29 octobre dernier, « une boite de marketing »…

Vous le sauriez, d’ailleurs, si vous aviez pris la peine de consulter notre site web. Il est facile à trouver par n’importe quel moteur de recherche, mais je me fais un plaisir de vous en communiquer l’adresse : www.etik-presse.com.

ETIK-PRESSE est d’abord une entreprise de conseil en développement durable. Ceci représente près des deux tiers de notre activité – le reste étant consacré à du graphisme pour la presse (ex : nous avons participé à la création graphique du magazine papier de Nicolas Hulot, Ushuaïa magazine, etc.), et à du conseil en termes de participation citoyenne (j’y reviendrai).

Au titre de conseil en développement durable, qui fait l’essentiel de notre activité, nous assistons les entreprises et les territoires

-       En réalisant des études d’impact environnemental,

-       En réalisant des bilans carbone (nous sommes d’ailleurs certifiés par l’Ademe, pour le faire)

-       En les assistant dans la mise en place de Plans de déplacement – afin de réduire l’impact environnemental des transports de leurs collaborateurs, leurs visiteurs, leurs fournisseurs,

-       En les assistant dans la mise en place de projets de long terme, tels les « Agenda 21 ».

Ces programmes de développement durable – qui s’étalent sur un ou deux ans – visent à mettre en place, sur un territoire, un plan d’action inspiré des principes définis au Sommet de la terre de Rio (1992), afin de mieux préserver l’environnement, et d’agir sur le plan social et économique en faveur d’un monde plus solidaire.

Nous sommes notamment intervenus – ou nous intervenons encore – pour des villes (dirigées par des équipes de droite ou de gauche) – telles que : Massy, Cannes, Ozoir-la-Ferrière, Saint-Cloud, Asnières, Versailles, Alençon, etc.

Nous avons également assisté la Ville d’Orléans dans la mise en place de son Agenda 21. Ce plan d’actions a été entièrement défini par les citoyens, réunis dans un Forum 21.

En général, la méthodologie que nous préconisons aux Villes est d’ailleurs très fortement participative (au demeurant, ceci ne fait que répondre au principe n°10 des principes définis par le Sommet de la Terre de Rio).

Depuis peu, cette démarche participative, engagée lors de ces Agenda 21, est apparue comme assez efficace pour que plusieurs territoires nous aient demandé de les assister à étendre leur participation citoyenne.

C’est le cas d’Orléans. Et la démarche est aujourd’hui la même que celle qui a prévalu, pour l’élaboration du programme de développement durable : elle dépasse simplement le cadre de l’Agenda 21, pour concerner l’ensemble des champs d’action municipaux.

Ces différentes activités ne relèvent donc nullement des missions d’une « boite de marketing ».

Je ne veux pas croire que vous utilisez ce terme, dans le seul espoir qu’il serve mieux votre combat politique. Et je vous prie donc de bien vouloir apporter ces quelques éclaircissements aux lecteurs de votre blog, afin qu’ils bénéficient d’informations précises.

Cordialement.

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La démocratie participative à Orléans : entre Shadocks et pieds nickelés

28 octobre 2009 · 15 commentaires

shadok10Vous connaissez sans doute cette imparable devise Shadock : “Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?“. Hé bien la ville d’Orléans semble l’avoir fait sienne à propos de la mise en place de la fameuse “démocratie participative” autoproclamée dans la non moins fameuse “Charte de la démocratie citoyenne”. Qu’on en juge plutôt, à l’aide du bref rappel des épisodes précédents que j’ai concocté à votre attention:

1) Point n°1: La mise en place des CMA, ces “comités de mobilisation et d’animation” qui sont un peu à la démocratie participative ce que l’avant garde prolétarienne est à la lutte des classes: un petit corps d’élite, constitué de citoyens ultramotivés et conscientisés, ayant pour tâche de se déployer sur le territoire de la ville tels de pacifiques tirailleurs municipaux. Les CMA “pilotent” les CCQ (l’assemblée anonyme du quartier, composée de tous ses citoyens “ordinaires”), et servent d’interface entre la ville et les habitants de base. Il y en a 12 en tout. Participant à l’un des ces CMA, je n’ai personnellement toujours pas bien compris ce que nous étions sensés faire à part nous “mobiliser” et adhérer avec enthousiasme aux Merveilleux Projets Municipaux. J’ai bien compris en revanche que ces instances n’étaient ni des lieux de décision, ni des instances critiques. La composition des CMA est délibérément byzantine : des élus, des “personnes ressources”, choisies presque exclusivement parmi des sympathisants de la majorité municipale, et des citoyens “volontaires” (les autres ne le sont sans doute pas) tirés au sort mais pour un an seulement (on ne sait jamais, ils pourraient être en désaccord avec la majorité). Les associations de quartiers en sont exclues es qualité, mais leur président peut y siéger s’il a donné des gages de loyauté à la majorité. Au programme des CMA: la couleur des poubelles, la distribution des branches de sapin pour Noël, l’emplacement des cabines téléphoniques.

2) Point n°2: La mise en place des ateliers. A l’intérieur de ces CMA sont sensés se mettre en place des ateliers thématiques rassemblant les membres du CMA qui voudront bien s’y inscrire. Je ne peux pas encore vous parler de ces ateliers, ceux de mon CMA ne se sont pas encore tenus. Si l’on estime que dans chaque CMA on a en moyenne 3 ateliers, ce nouveau bidule permet de générer automatiquement au moins 36 micro structures (et autant de réunions).

3) Point n°3: le “forum citoyen”.  Pour donner un peu de hauteur de vue à tout cela et sortir de la gestion ultra localiste qui caractérise la politique municipale actuelle, on a eu l’idée de créer un “forum citoyen” commun à l’ensemble de la ville, avec pour ambition affichée d’y discuter des projets transversaux et structurants. Naturellement, les membres des CMA (et des CCQ) ne sont pas d’office membres du forum citoyen (trop simple). Il faut s’y inscrire et suivre une formation spécifique.

4) Point n°4: La fragmentation du forum citoyen. Comme un seul forum pour toute la ville, c’était trop ambitieux, on a décidé de scinder le forum en ateliers thématiques (3) et les ateliers thématiques en “sessions” (2 par atelier), afin de perdre de vue la vision globale que l’instauration du forum citoyen permettait vaguement d’espérer. On a donc reconstitué 6 groupes.

5) L’enfumage : on n’y comprend plus rien. Les ateliers du forum ont-ils un lien avec ceux des CMA? Comment vont fonctionner les sessions les unes par rapport aux autres? Qui fait quoi? Qui est le référent de qui? Comment s’articulent ces différentes structures?  Le forum aura-t-il un pouvoir d’inflexion sur la politique municipale? Quand on sait que les principaux dossiers de la mandature sont déjà bouclés sur le plan technique, on peut douter de la portée de ces réunions.

Surtout, le dispositif est tellement parcellisé, éclaté, fragmenté, qu’il en devient totalement incompréhensible et désespérément illisible.

6) Le risque d’implosion de la démocratie participative. Voici l’extrait d’un message envoyé par Mme Ricard aux membres du CMA Carmes Bannier :”Nous sommes dans l’obligation d’annuler TOUTES LES REUNIONS ET PRE-REUNIONS prévues pour nos différents ateliers : il y a tellement peu d’inscrits que, même si nous aurions pu y faire du bon travail nous n’aurions pu nous prévaloir d’une réelle concertation avec les habitants..”

Voilà pour les Shadocks. Sympathiques mais incompétents.

7) L’ombre du soupçon. Il y a une seconde version de la même histoire. C’est le côté obscur de la farce. Le côté Pieds nickelés. D’abord quelques faits complémentaires:

- Ce salmigondis institutionnel nous est servi par une boite de communication et de marketing politique “entreprise de conseil en développement durable, de graphisme pour la presse et de conseil en termes de participation citoyenne”: Etik press presse, qui fait surtout dans l’affichage le développement durable.

- Parallèlement à tout cela, la majorité municipale se comporte avec un effrayant sectarisme dans ses rapports avec l’opposition (et donc avec près de 49% des électeurs). L’opposition municipale n’est associée à rien, consultée sur rien, informée sur rien. La commission budget ne se réunit jamais, les demandes d’informations sur les projets en cours restent lettre morte ou reçoivent une réponse systématiquement négative quand on daigne y répondre. Dernièrement, j’ai ainsi demandé la production des études préparatoires au pharaonique projet d’aménagement du carrefour Jaurès. Mon collègue Jean Philippe Grand a fait de même pour l’Aréna. Fin de non recevoir dans les deux cas, doublée d’une argumentation juridique pointilliste et ultra procédurale. Ces études ont pourtant été financées avec l’argent des contribuables orléanais, mais seuls les membres de la majorité municipale peuvent en prendre connaissance. Et les élus de l’opposition? Quels élus de l’opposition? Il y a des élus dans l’opposition? C’est quoi l’opposition, au fait?

- les membres du CMA Carmes Bannier sont parmi les plus remuants de la ville. Le secteur est en outre promis à des transformations urbaines considérables (élargissement de la rue des Carmes, démontage de la Trémie Jaurès) qui font débat (c’est le moins qu’on puisse dire). A ma connaissance, et sauf erreur de ma part, c’est aussi le seul CMA où ces réunions ont été annulées, et où l’on a proposé un regroupement avec un autre CMA, celui de Bourgogne République. Je trouve personnellement cette coïncidence troublante. J’aurais préféré que ce fût dans un CMA “tranquille “comme celui de Dunois, par exemple, que ces mesures extrêmes aient été prises. Là, l’impression d’une punition ne peut être dissipée.

Soyons sérieux. Construire la démocratie participative quand on bafoue ainsi la démocratie représentative et qu’on méprise la démocratie associative (les associations ne sont pas reconnues par le dispositif Etik press) c’est tout simplement IMPOSSIBLE. Par contrecoup l’embrouillaminis participatif s’explique mieux. Les dysfonctionnements ne sont pas subis. Ils sont induits. La déconstruction des instances de discussion orléanaises (CMA, forum citoyen) par une série de subdivisions successives qui en rendent le fonctionnement inefficace (ateliers, sessions) est une métaphore de l’impuissance démocratique que la majorité actuelle entretient de manière méthodique. Comme disait si bien Jules, Dividere ut regnes. Diviser pour régner. Il n’y a que cela de vrai (même si ça c’est mal fini pour Jules).

On le sait bien: à Orléans, quand la majorité municipale nous chante l’air de la démocratie participative, c’est du pipeau!

Les pieds nickelés et la démocratie participative

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Gouverner, c’est prévoir

23 octobre 2009 · Un commentaire

Au sujet de la délibération n° 45 du conseil municipal du 23 octobre – Z.A.C. Carmes-Madeleine. Acquisition foncière 25, rue de l’Ange :
 
Cette nouvelle acquisition confirme ce que nous disons depuis le début : l’opération envisagée ne relève pas de la cosmétique urbaine (on fait reculer les façades de 4 mètres et on recolle des éléments architecturaux anciens pour que ça fasse joli). Il s’agit d’une véritable entreprise de mutilation du patrimoine urbain sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Ce sont en effet les 3 ilôts dans leur quasi totalité qui sont impactés et pas simplement les façades des 17 immeubles. Ici, pour mémoire, on se situe rue de l’ange, c’est àdire, très  très en retrait part rapport à la rue des Carmes.

Cette frénésie dans la destruction, que l’on a déjà vu à l’oeuvre rue des Halles avec le succès que l’on sait (mais rebouchez nous donc vos trous M. Carré!), contraste avec les pudeurs de jeune fille qu’a la majorité lorsqu’il s’agit de piétonniser la rue des Carmes : alors que tout le monde est officiellement d’accord, M. Grouard, M. Carré, M. Lemaignen, et une grande partie des habitants (quel rare consensus!!), on apprend que cette piétonisation est ajournée à l’amènagement du site de l’hopital Madeleine, c’est à dire pas avant 2015-2016!!! En clair, cette piétonisation, M. Grouard, vous ne voulez pas qu’elle ait lieu pendant VOTRE mandat. Pourquoi? De quoi avez vous peur? Qu’attendez vous? La fin du réchauffement climatique?

Depuis des mois et des mois l’opposition porte cette proposition. Celle ci est à coût neutre pour la ville, si elle est mise en oeuvre dans le cadre l’amènagement du tramway. Vous savez très bien que l’a réalisation de la plate forme du tram est différente, selon qu’elle est faite dans une rue piétonne (où elle est en gros, d’un seul tenant) ou dans une rue circulée par les voitures (où des trottoirs doivent ête aménagés, ainsi qu’un emmarchement central). Si cette option pietonne est retenue dès aujourd’hui, alors que les marchés ne sont pas encore passés, la rue des Carmes bénéfiera d’un retraitement qualitatif remarquable, qui rendra l’espace public aux habitants. En tergiversant comme vous le faites, vous contraindrez vos successeurs qui feront la piétonnisation à défaire ce que vous avez mal fait. Alors que vous vous dites pourtant d’accord avec la piétonisation. Et que vous la réalisez ailleurs, rue Théophile Chollet par exemple, là où aucune logique ne l’impose…Où est la cohérence politique et financière de vos prises de position dans ce domaine?

Gouverner c’est prévoir. C’est à prévoir que vous appelle aujourd’hui l’opposition.

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Lettre ouverte à Charles Eric Lemaignen

20 octobre 2009 · 28 commentaires

Monsieur le Président,

Jeudi prochain doit avoir lieu un vote important du conseil d’agglomération relatif à la finalisation de la seconde ligne de tramway. Conformément aux préconisations de la récente enquête publique, les membres du conseil de communauté auront à se prononcer sur une modification de tracé portant sur la commune de Saint Jean de Braye et sur l’adoption du tracé dit « D2 ter », intégralement en site propre.

Par ailleurs, vous vous êtes dit prêt à lancer très vite des études sur des extensions est et ouest de la ligne 2, en direction de Chécy et de la Chapelle Saint Mesmin et à participer à un groupe de travail pour étudier la complémentarité entre la ligne 2 du tram et la liaison ferroviaire Orléans et Châteauneuf.

Partout dans l’agglomération, notamment grâce au travail des élus de gauche, le dossier du tram avance, et, sans être parfait, il a aujourd’hui meilleure allure que dans sa configuration initiale.

Et à Orléans ? A Orléans, rien ne bouge. Le dossier est tout simplement verrouillé, mis sous cloche, non négociable. C’est pourtant là qu’il est le plus mal ficelé. Dans la ville centre, nous sommes en effet à la fois en cœur de réseau et dans la zone où la densité de population et de circulation est la plus élevée. Après le vote de la D2 ter, ce sera aussi la seule zone où la circulation du tramway ne se fera pas en site propre mais en concurrence avec les voitures faubourg Madeleine et rue des Carmes. Bien des incertitudes demeurent encore sur la gestion des flux de circulation en plusieurs endroits clefs de ce secteur. Rappelons brièvement ces différents problèmes :

-       1) faubourg Madeleine : aux heures de pointes, entre la circulation automobile, le stationnement, et les rames de tram, comment garantir vitesse, régularité et ponctualité aux usagers des transports publics ? Or, ces critères sont ceux qui rendent attractifs le tramway !

-       2) carrefour Jaurès : aux heures de pointe, là où les gens qui travaillent, les lycéens, les étudiants prennent en masse les transports en commun, mais où d’autres, tout aussi nombreux empruntent les mails avec leurs voitures, comment seront gérés ces conflits dans les flux de circulation ? Les feux du tram seront-ils prioritaires ? Comment éviter les bouchons ?

-       3) Rue des Carmes, le flou le plus total règne sur ce qui va être entrepris, les projets de l’agglO et de la ville d’Orléans n’étant guère compatibles l’un avec l’autre ;

-       4) Place de Gaulle, les risques de congestion du trafic sont importants, puisque cette zone cumule le double handicap de se trouver au débouché de la longue séquence de site partagé et d’être au croisement des deux lignes. Tout concourt à en faire un point de cristallisation de tous les dysfonctionnements de la ligne 2 liés à l’absence de site propre.

Cette question du site propre n’est donc pas un point technique secondaire. Il s’agit d’une condition cruciale pour le bon fonctionnement de la ligne. De nombreuses études estiment en effet qu’en dessous de 20km/heure de vitesse commerciale, un tramway n’offre pas une alternative pertinente à d’autres modes de déplacements urbains. Avec les deux points noirs que sont la traversée du faubourg Madeleine et celle de la rue des Carmes, la ligne 2 aura une vitesse commerciale établie à 16km/h seulement… Un avantage comparatif bien faible pour un tramway aussi cher !

C’est pourquoi les conseillers municipaux d’Orléans du groupe socialistes, verts et apparentés, conscients de l’importance fondamentale des enjeux de cette seconde ligne de tramway, vous demandent de prendre très vite les mesures assurant la mise en site propre de ce cœur du réseau.

Pour commencer, les élus de l’opposition proposent que soit acté le principe d’une piétonisation de la rue des Carmes en lien avec le passage du tramway. Actuellement, et de façon totalement irrationnelle, l’aménagement de cette rue fait l’objet de deux projets concurrents entre la ville et l’agglO. Côté ville, un élargissement coûteux et inutile de la voie est prévu, afin de favoriser le passage des voitures, en plus du tramway. Côté agglo, conformément à la lettre et à l’esprit de la déclaration d’utilité publique, aucun élargissement n’est programmé, mais un partage du site entre tramway et voitures sur la partie étroite de la rue. Une belle pagaille en perspective !

Le rue des Carmes en travaux

La piétonisation de cette rue permettrait donc de dépasser une partie des contradictions politiques qui se sont faites jour entre deux collectivités pourtant sensées travailler main dans la main.

Pour être efficace, cette piétonisation doit être décidée maintenant, et non repoussée aux calendes grecques. Plusieurs raisons militent pour cet engagement rapide.

Une raison politique d’abord: les habitants y sont prêts et réclament haut et fort cette piétonisation. Celle-ci constituerait donc une décision populaire, cohérente avec les objectifs de développement durable que la ville d’Orléans prétend vouloir poursuivre.

Une raison technique ensuite : cette piétonisation doit être pensée en cohérence avec le passage du tramway, et non déconnectée de sa mise en œuvre. La construction de la ligne 2 induira en effet des modifications substantielles de la circulation automobile qui constituent une excellente opportunité pour mettre en œuvre une telle piétonisation. En outre, l’aménagement de la plate forme du tramway n’est pas le même selon qu’il y ait ou non piétonisation. Dans le premier cas, la plateforme est d’un seul tenant, sans trottoir. Dans l’autre cas, un emmarchement doit être prévu pour distinguer la partie piétonnière et l’espace dévolu aux circulations automobiles ; un trottoir central est également adjoint pour empêcher les voitures de doubler le tramway sur la gauche et éviter un choc frontal avec une rame arrivant en contresens.

Une raison financière enfin : la solution de la piétonisation (si elle est réalisée sans élargissement) est la moins coûteuse en termes d’aménagement. Or, lorsqu’on décide d’engager plus de 300 millions d’Euros pour réaliser la deuxième ligne, il peut sembler opportun de saisir la moindre des propositions d’économie ! Par ailleurs, personne ne comprendrait, que pour un tel montant, on ne fasse pas tout pour garantir l’apport qualitatif et quantitatif du nouveau mode de transport. Le site propre et la priorité aux carrefours font partie de ces critères d’efficacité fonctionnelle, non négociables !

La mise en circulation piétonne, décidée par la ville d’Orléans et actée par l’agglO, constituerait une avancée qualitative considérable pour la seconde ligne de tramway, en levant tout de suite, sans coût supplémentaire induit, l’un des points noirs du tracé actuel.

Dans un second temps, des études pourraient être lancées pour aboutir à un site propre intégral incluant également le secteur du faubourg Madeleine, tout aussi essentiel pour le bon fonctionnement de CLEO.

Ce sont ces propositions que nous portons, en élus responsables, parce qu’elles sont au service de l’intérêt général. Nous souhaitons nous en entretenir avec vous, dans l’espoir de parvenir rapidement à un accord.

Dans cette attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’assurance de notre considération la meilleure.

Corinne Leveleux-Teixeira, Michel Brard, Baptiste Chapuis, Jean-Philippe Grand, Ghislaine Kounowski, Carole Miko, Marie-Thérèse Noël, Elsa Pelloie, Avelino Valle.

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