Place de l’Etape

L’école des fans

23 février 2009 · 13 commentaires

Après l’OPA réalisée par la majorité sur des conseils de quartier transformés en  clubs des supporters de la municipalité, c’est au tour du conseil municipal d’être promu au rang d’école des fans de la majorité en place. L’opposition, aimablement conviée à venir siéger en mairie une fois par mois, est donc priée de se taire ou d’applaudir avec ferveur aux Merveilleux Projets qui lui sont présentés. Sinon, elle est prévenue, elle sera punie comme il se doit.

Vendredi, soir de conseil, nous eûmes droit à notre traditionnelle séance de diaporama sur fond bleu apaisant, avec le petit logo mignon et le slogan niaiseux qui nous est servi depuis 7 ans (”Le nouvel Orléans me sourit”). Au programme:

1) Une projection sur une liaison TGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon. OK, c’est pour l’horizon 2025 et il n’est pas certain que le doublement de l’actuel Paris Lyon se fera dans la configuration qui nous fut présentée avec force roulements de tambours. Mais, bon, on peut rêver, non?

2) Un cours du professeur Montillot sur le recul vraiment incroyable de la délinquance à Orléans, avec des courbes toute droites et d’horribles chiffres en noir, indiquant le niveau de la criminalité à Orléans en 2001, c’est à dire aux temps obscurs où nous vivions dans la peur constante de nous promener dans les rues. J’en frémis rien que d’y penser.

3) De belles photos du centre ancien, avec des maisons à colombages et de jolies façades en pierre (comme celles que l’on trouverait rue des Carmes si l’on se donnait la peine de gratter un peu la crasse et l’enduit). Magnifique.

4) Un exposé plein de poésie sur la biodiversité, les chauves souris, les oiseaux et les papillons. Vraiment très émouvant.

Bref, tout allait bien et nous étions tous muncipalement attendris quand est arrivée une délibération sur la rue des Carmes. Une de plus. Une petite délibération de rien du tout. Une nano-délibération, qui portait sur le énième rachat par la Ville de l’un des infortunés appartements situés entre le 45 et le 77 de cette pauvre rue. Un des ces appartements que la muncipalité s’apprête froidement à démolir afin d’aménager  une chouette perspective sur le café de la Croix Morin. Un petit sacrifice pour un projet exaltant. Grandiose. Cosmique. Comme j’ai mauvais esprit, je pose deux ou trois questions à  ce sujet. D’abord sur un courrier un peu inquiétant envoyé aux habitants de la rue des Carmes par M. Montillot, ensuite sur l’atelier de piétonisation de cette même rue, promis en décembre et oublié en février. Puis je souligne que les incertitudes qui pèsent sur ce quartier sont de nature à faire peur à pas mal de gens de la rue des Carmes, qui, très inquiets pour la valeur de leur bien,  souhaitent s’en dessaisir au plus vite (on les comprend, les pauvres). Ceci alors même qu’aucune décision n’a encore été formellement acté sur le projet de la muncipalité et qu’on en est, parait il, à la phase de concertation. J’ajoute un truc sur les malheurs de l’amendement ABF, fusillé par le conseil constitutionnel, rien de méchant. Un truc un peu abstrus que seuls les amateurs de procédure constitutionnelle contentieuse ont pu apprécier vraiment. C’est mon côté techno.

Hoù là là! Que n’avais-je pas été dire là! Mme Chéradame, à qui je ne métais même pas adressée (pourquoi l’aurais-je fait grands dieux? Elle n’est pas en charge du dossier Carmes) s’est estimée insultée. Diantre! Et M. Carré m’a menacé d’un procès en me faisant les gros yeux. Et la grosse voix. J’ai eu très très peur. Un procès parce que je dénonçait les conséquences d’une politique pour un quartier? Un procès parce que je m’étonnais de la manière de faire peu transparente  de la muncipalité? Un procès parce que j’ironisais sur un amendement pirate voté par M. Carré et qui a été censuré par le vilain conseil constitutionnel (l’amendement, pas M. Carré)?

Alors, la rue des Carmes, sujet tabou? La politique muncipale vache sacrée? Les actions de la ville aussi impénétrables que les voies du Seigneur?

A Orléans, la démocratie s’arrête là ou finit l’adhésion à la politique municipale. Et la politique muncipale, c’est un peu comme un rituel magique : si on veut que ça marche, il faut y croire. C’est pourquoi il importe d’éloigner les mécréants : ils sont capables de faire rater le rituel.

C’est sans doute la raison pour laquelle, si j’ai eu droit à des menaces, Baptiste Chapuis, lui, a fait l’objet d’un dénigrement systématique et d’attaques ad personam tout à fait indignes d’une enceinte démocratique et de gens bien élevés. Tout cela parce qu’il a osé poser une question sur un sujet qui n’a rien à voir avec les Carmes :  la crèche Pasteur, promise à une gestion privée. “Incompétent”, “doit potasser ses dossiers”, “n’a rien compris” qu’on lui a dit. Vous imaginez la scène si un membre de l’opposition municipale traitait un membre de la majorité d’incompétent? Si on conseillait à un adjoint de revoir ses dossiers? Si on prétendait qu’un de nos collègues pourvus d’une délégation ne comprenait rien à ce qu’on lui disait? J’entends déjà les hurlements, les cris d’indignation, les spasmes de rage, les trépignements de protestation. Indignation, rage et protestationjustifiées, au demeurant. Le combat politique ne se grandit pas à ses attaques personnelles.

La majorité, qui jouit de la maitrise du pouvoir, semble avoir perdu le sens de la mesure, en même temps que celui de l’humour. Aucune distance, aucune critique, aucun reproche n’est toléré. Seules la louange, la flatterie et la complaisance lui sont agréables.  Faute de quoi, elle ne craint pas d’user de bien étranges pratiques. Et de recourir à l’intimidation verbale. Et au mépris.

Pourquoi ne pourrait-on donc pas poser des questions simples en conseil municipal? Ou de simples questions? Comme par exemple : C’est quoi le problème avec la rue des Carmes? Pourquoi on ne peut pas en débattre? J’ai beau être brave fille, je n’ai toujours pas compris pourquoi cette ville s’apprêtait à dépenser une bonne quinzaine de millions d’euros pour détruire des maisons anciennes et mettre dehors quelques dizaines de familles. Tout ça pour une perspective qui n’existe pas. Ou pour des voitures dont personne ne veut. Donc je pose des questions. Je fais comme on m’a appris à l’école. Je m’interroge. Et si l’on continue à ne pas me répondre (et à me menacer), je vais commencer à me faire des idées. Des mauvaises idées.

La majorité n’a pas fini d’entendre parler de la rue des Carmes…

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Mascaraditude

10 février 2009 · 29 commentaires

Pour l’édification générale, voici une vidéo de notre président bien aimé (Béni soit Son Nom)  qui nous parle de la recherche et de l’université.

C’est en effet aujourd’hui “journée blanche” dans beaucoup d’universités françaises. Cela signifie que les cours y sont suspendus et que les enseignants chercheurs sont appelés à y expliquer à leurs étudiants et à tous les citoyens de bonne volonté les raisons du mouvement de protestation actuelle, ainsi que ce qui motive la fin de non recevoir opposée par la communauté universitaire dans son ensemble  (droite et gauche confondues) à  la réforme mal fagottée de son statut.

La video qui suit a été réalisée par des collègues d’Aix Marseille . Elle fournit, en contrepoint de la parole présidentielle, d’utiles éléments d’éclaircissement qui aideront les uns et les autres à se faire une idée plus nette de la réalité de la situation, et de la pertinence de la communication grouvernementale. Bon visionnage!

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Pas de quartier pour la démocratie locale

6 février 2009 · 26 commentaires

Last, but not least. Voici, pour information, le communiqué publié en réponse à l’interview accordée par le maire d’Orléans à la République du Centre. Sauf erreur de ma part, ce communiqué n’a pas été repris dans la presse.

Naturellement, à titre personnel, je ne commenterai pas l’affirmation, soutenue par le premier magistrat de la ville, selon laquelle j’aurais “fait semblant” de m’énerver en conseil municipal.

Je tiens enfin à rappeler que sur cette question de la démocratie locale, le travail de la majorité municipale relève pour l’instant de la pure incantation . Il ne suffit pas de prendre des postures avantageuses de grand démocrate et “de sauter comme un cabri en disant “la démocratie locale, la démocratie locale”. Il faut aussi mettre ses actions en cohérence avec ses paroles.

Or, c’est une bien cruelle épreuve que celle de la réalité, mais c’est aussi la seule qui vaille en politique. A Orléans, l’examen de passage a été raté. Dès qu’il s’est agi de poser des actes, d’entrer dans le vif du sujet et de faire droit  aux propositions formulées par l’opposition, les vertueuses déclarations d’intentions dont la majorité s’était gargarisée ont été subitement oubliées au profit du cynisme le plus brutal. Nous voilà prévenus pour la suite. Pour ma part, je n’attends plus rien de ces instruments d’agitprop. que sont ces fameux “CMA”.

J’ajoute une dernière chose : cette fermeture, grossière, caricaturale par son ampleur et son manque totale de nuance, fut une erreur politique. L’opposition muncipale, qui est bonne fille, au fond, se serait bien contentée d’un strapontin (puisque je rappelle que sur un potentiel maximum de 84 “personnes ressources”, l’opposition aurait dû se voir attribuer la faculté de pourvoir un poste par quartier, soit de désigner 12 personnes au total : pas de quoi fouetter un chat!). En cherchant à l’humilier le maire s’est tiré tout seul une balle dans le pied. Pour quel bénéfice???

Le groupe de l’opposition tient à répondre aux allégations de Serge Grouard dans son interview publiée dans la République du Centre du 04/02/09.

La représentativité démocratique se mesure à l’aune de l’ouverture pratiquée dans les instances de concertation. A Orléans, aucun doute n’est permis : le collège des personnes ressources au sein des Comités de Mobilisation et d’Animation des quartiers est composé à 96% de proches de la majorité UMP-Modem-MPF (78 sur 81 !).

96% ! Un score remarquable ! Une très belle performance, digne des régimes les plus démocratiques !

L’opposition tient également à rassurer le maire d’Orléans sur les rapports entre le PS et le PC qui semblent tant l’inquiéter. Le travail entre les deux groupes de l’opposition se fait en bonne intelligence dans le respect de chacun, dans un esprit constructif et ce dans l’intérêt de tous les orléanais.

L’organisation de l’opposition peut-elle réellement justifier les atermoiements de la charte de la participation citoyenne ? Ne serait ce pas un prétexte pour masquer une réalité bien plus cynique ?

L’opposition a, elle, joué le jeu de la concertation en proposant plus de 50 personnes ressources dans l’ensemble des quartiers et ce dans des conditions de délais très courts. L’opposition précise néanmoins qu’elle n’a jamais proposé comme personne ressource Christophe Desportes-Guilloux qui est le collaborateur du groupe.

De plus, contrairement à la majorité, elle a souhaité écarter toutes les personnes ayant des responsabilités professionnelles à la mairie. Il faut rappeler que dans la première liste présentée par la majorité un certain nombre de directeurs de services de la ville étaient désignés.

Enfin, les personnes proposées par l’opposition l’ont été sur la base de leur engagement et de leur implication dans leur quartier, sans considération de leur sensibilité politique. On ne peut en dire autant de celles qui ont été retenues par la majorité UMP-Modem-MPF. La politique c’est faire des choix. Le maire UMP a décidé de claquer la porte à de très nombreuses associations et forces vives des différents quartiers d’Orléans.

La municipalité UMP-Modem-MPF a fait le choix de politiser les CMA en y intégrant des représentants politiques : un représentant des jeunes du Nouveau Centre (La Source), un représentant de l’UNI (St Marceau), les membres du comité de soutien de Michel Languerre (candidat UMP aux élections cantonales à La Source), de nombreux anciens membres des CCQ dévoués à la majorité, des membres de la famille des adjoints de la ville (St Marceau), des anciens candidats UMP ou Modem aux cantonales (Argonne, Acacias), des soutiens notoires de la politique municipale (Bourgogne-République, Carmes), etc.

Votée en décembre 2008 par une majorité qui ne l’avait pas lue, bafouée en janvier 2009 par une majorité qui ne veut pas la mettre en œuvre, la charte n’a plus d’utilité et de crédibilité aujourd’hui. La mascarade est finie. Les masques sont tombés.

Baptiste Chapuis et Corinne Leveleux-Teixeira pour le Groupe « Socialistes, Verts et apparentés »

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Requiescat in pace

3 février 2009 · 55 commentaires

Charte de la participation citoyenne (19 décembre 2008-30 janvier 2009)

Votée sans avoir été lue

Oubliée avant d’avoir été mise en oeuvre

Regrets éternels

En guise d’épitaphe, une dernière évocation de ce texte qui parle de transparence (art. 2), d’ouverture (article 3) et de respect (article 4):

Les comités de mobilisation et d’animation des conseils de quartier se composent, outre des élus de

5 à 7 personnes-ressources, choisies en fonction de leur compétence dans des domaines de l’activité municipale, dont des personnes pouvant appartenir au secteur associatif. Ces personnes sont nommées chaque année par l’adjoint délégué à la coordination de la politique de proximité sur proposition du président du Conseil consultatif de quartier et des élus siégeant au CMA. Leur nomination peut être renouvelée. La désignation des personnes-ressources fait l’objet d’une information en Conseil municipal.”

Et encore bravo à l’équipe municipale pour son sens de la farce et son spectacle de prestidigitation!

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La journée des dupes

2 février 2009 · 14 commentaires

Conseil Municipal éprouvant vendredi soir. Il y eut bien des motifs d’irritation, et j’avoue que plusieurs sujets m’ont profondément affectée:

1) La délibération sur la rue des Carmes et la politique du fait accompli développée par la municipalité qui aboutit à pousser bien des propriétaires inquiets par le projet d’alignement à vendre leur bien. ;

2) Le mépris affiché pour l’université d’Orléans et ses chercheurs, qui seraient médiocres et ne compteraient que très peu de publications à leur actif.

3) La mascarade que fut la désignation des “personnes ressources” devant siéger dans les “comités de mobilisation et d’animation”  ou CMA (sorte de “comités de pilotage”) des futurs conseils consultatifs de quartier.

C’est sur ce dernier point que je souhaiterais revenir dans un premier temps. Ces CMA sont prévus dans la charte de la participation citoyenne qui a été votée lors de la séance du Conseil Municipal du 19 décembre dernier. Notre groupe d’opposition avait négocié cette charte pied à pied avec le cabinet du maire, espérant jusqu’au bout l’amender dans un sens qui nous paraissait conforme à l’interêt général (en gros : plus de place pour les associations et pour les élus de tous bords; possibilité pour les élus de l’opposition d’assurer leur permanence dans n’importe quel quartier de la ville). A la suite de l’échec de ces négociations, nous avions décidé de voter CONTRE ce texte.

Néanmoins, légalistes, nous étions aussi résolus à en respecter le contenu et à mettre en oeuvre cette charte dans la mesure de nos possibilités. Ce n’est pas parce que l’on est en désaccord avec un texte voté par une majorité que l’on n’est pas tenu de l’appliquer : la loi, c’est la loi.

Chacun dans nos quartiers respectifs, nous avons donc contacté des personnes qui nous paraissaient susceptibles de s’impliquer utilement dans la vie de leur quartier et de faire partie des CMA au titre des “personnes ressources”. Pour ma part, j’ai eu à coeur d’effectuer ces démarches  sans tenir compte des appartenances politiques de tel ou tel, rencontrant des membres d’associations, des commerçants, des parents d’élèves, etc. qui m’avaient indiqué souhaiter s’engager pour leur ville.

Dans la majorité muncipale, j’avais comme interlocutrice Mme Mauroy, présidente de mon conseil consultatif de quartier (Bourgogne République) avec laquelle les choses se sont plutôt bien passées, après un bref round d’observation. Mme Mauroy eut en particulier à coeur de recevoir chacune des personnes que je lui avais indiquées (un peu plus d’une dizaine), pour mieux les connaître et juger de leur motivation. De son propre aveu, les candidatures que je lui ai soumises étaient “excellentes”.

Finalement, après un dernier échange de mails, nous sommes tombées d’accord sur la solution suivante : sur 7 personnes, elle en proposait 6, en fonction de critères tout à fait acceptables (représentativité géographique, secteur associatif, âge, parité, etc.) et en retenait une de mon contingent. Bon, un sur 7, ce n’est pas terrible, terrible, mais après tout, dans la mesure où nous nous étions mises d’accord, et où je n’avais aucune raison de douter de la neutralité des personnes proposées et de la bonne foi de mon interlocutrice (je n’en doute d’ailleurs toujours pas, c’est cela qui est terrible), je donnai mon accord à cette transaction.

J’ai donc prévenu ma “candidate” et puis j’ai attendu sereinement le conseil, un peu inquiète tout de même par ce que me racontaient mes collègues de l’opposition sur les bidouillages en cours dans leur quartier.

Que croyez vous qu’il arrivât? Vendredi soir, à ma grande consternation, je découvris que, sans m’en avertir, on avait changé la liste en en retirant ma candidate. Toutes ces consultations n’avaient donc servi à rien. Ces coups de téléphones, ces discussions, cette réunion avec Mme Mauroy, ce temps passé et perdu. Tout cela pour une liste proposée à 100% par la majorité. Comment ne pas crier à la mascarade? Comment ne pas hurler de rage et de dépit devant ce tour de passe passe? Comment pourrai-je encore faire confiance à l’équipe majoritaire? Comment pourrai je ne pas douter, par contrecoup, de la neutralité politiques des membres du CMA que l’on m’impose sans aucun droit de regard. On m’objectera sans doute que ces CMA ne sont pas des lieux de pouvoir. Mais alors, pourquoi en refuser l’accès aux candidats de l’opposition? L’un des membres de la muncipalité, en conseil, nous a même expliqué que ces CMA devaient se composer de personnes “honnêtes et compétentes”. Est-ce à dire que nos candidats étaient malhonnêtes et incompétents?

Vendredi soir, je me suis sentie trahie, dupée, flouée. C’est cela la concertation à la sauce orléanaise? C’est cela le respect? C’est cela le dialogue démocratique?

Vendredi soir, j’ai eu honte pour la majorité municipale.

PS: Je vous reproduis en copie un échange de mails avec Mme Mauroy qui vous permettra de vous faire une idée de la bonne qualité de nos relations et qui montre, sans contestation possible, que nous étions bien parvenues à un accord. L’argument selon lequel nous aurions proposé nos listes trop tard ne tient donc pas.

J’ai juste retiré les noms complets et les adresses des intéressés.

> De :    MAUROY Catherine
> Envoyé :    samedi 24 janvier 2009 12:51
> À :    ‘cleveleux@yahoo.com
> Objet :    Propositions CMA Bourogne-République
>
> Bonjour Madame Leveleux,
>
> En fonction des rendez-vous de ce matin, voici la composition proposée pour le CMA Bourgogne-République:
>
> 1) M. Jean-Jacques C
> Association Mieux Vivre dans le quartier Dessaux, Saint Euverte, Saint Aignan
>
> 2) M. Christian G
>
> 3) M. Louis S
>
> 4) Mme Anne R [ma candidate]
>
> 5) M. Stéphane R
>
> 6) M. Roland C
>
> 7) M. Jacky M
> Association Voisinage Bourgogne
>
> Propositions  auxquelles, il faut ajouter les personnes déjà admises:
>
> – Vous-même,
> – Nelly Servais,
> – Liliane Coupez,
> – Aude de Quatrebarbes,
> – Guy Torreilles -
> – Moi.
>
> Je vous remercie de bien vouloir me donner votre avis sur ces propositions qui ont l’avantage de:
> – l’équilibre géographique dans le quartier,
> – la présence du milieu associatif
> – panacher les générations ( moitié quatra ( ou moins) et moitié +),
> – la parité ( 6 femmes, 7 hommes),
> – du renouvellement puisqu’à l’exception des  associations, toutes les personnes sont nouvelles.
>
> Bien entendu, cela n’est certainement pas parfait, et j’ai essayé de faire au mieux. Je vous remercie de bien vouloir me donner votre avis d’ici à lundi.
>
> Bien cordialement,
>
> Catherine MAUROY
> Adjointe au Maire pour le Centre Ville
> Présidente du Conseil Consultatif
> Bourgogne-République
> 02/38/81/31/80
> cmauroy@ville-orleans.fr
>
>

De : Corinne LEVELEUX cleveleux@yahoo.com

À : mauroycatherine@yahoo.fr

Envoyé le : Lundi, 26 Janvier 2009, 0h04mn 55s

Objet : Re: TR: Propositions CMA Bourogne-République

Chère collègue,

Je vous remercie pour votre mail. Je souscris aux principes qui ont guidé votre liste. Je pense qu’effectivement vous avez essayé de faire au mieux, dans un délai très court. A titre personnel, je regrette la précipitation de la dernière ligne droite, succédant à 3 semaines de flottement (cette remarque ne vous étant pas destinée, mais visant la totalité du processus de désignation des personnes ressources, pour l’ensemble des CMA d’Orléans), de même que je déplore que nous n’ayons eu, dès le départ, ni calendrier clair, ni procédure précise du déroulement des opérations, malgré plusieurs courriers adressés au maire et à Mme de Quatrebarbes.

Enfin, comme je vous l’avais indiqué jeudi soir, je trouve dommage que le conseiller général de notre canton ne soit pas représenté dans notre CMA, au moins au titre d’expert (hors quota). Il s’agit là d’une position de principe, d’ailleurs commune à l’ensemble du groupe d’opposition, (socialistes, vers et apparentés).

Malgré ces réserves, qui, je vous le répète,  ne vous sont nullement imputables à titre personnel, je prends acte de votre bonne volonté et vous remercie d’avoir essayé de constituer un CMA cohérent et motivé, et de m’avoir tenue informée de vos choix.

Bien cordialement,

Corinne LEVELEUX-TEIXEIRA

Bonjour Madame Leveleux,

Je vous remercie de votre réponse. Je pense, en effet,  ce nouveau CMA motivé et j’espère sincèrement que nous trouverons une dynamique ( et aussi une vitesse de croisière…) intéressante pour le quartier.

Nous aurons de toute façon l’occasion d’en discuter dès février. Lorsque le CMA sera officiellement validé, je compte bien que nous mettions la question du fonctionnement et de nos actions à l’ordre du jour de la première réunion qui sera proposée.

Sachez que je reste à votre disposition, si vous souhaitiez émettre quelques avis.

De même, si vous avez d’autres personnes intéressées pour participer au CCQ, n’hésitez pas. Les personnes qui sont venues de votre part, étaient toutes intéressées et motivées. Le CCQ étant ouvert à tous, nous continuons bien entendu de prendre en compte toutes les personnes qui se manifestent.

Vous souhaitant une bonne semaine.

Bien cordialement,

Catherine MAUROY

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Osons les Carmes piétonnes!

28 janvier 2009 · 26 commentaires

Voici la tribune publiée par l’opposition (Groupe Socialistes, Verts et Apparentés) dans la feuille de chou muncipale, “Orléans.mag”. L’article est écrit dans ce style inimitable de simplicité qui n’appartient qu’à moi ( noter que ce texte est inhabituellement court pour ce blog, mais le nombre de signes disponibles étant limité dans Orleans.mag, j’ai dû restreindre considérablement ma fougue).

rue-des-carmes

“Nous vous présentons nos meilleurs vœux pour 2009 et souhaitons qu’en cette nouvelle année notre ville se montre plus soucieuse de ses quartiers, plus solidaire envers les plus fragiles, plus ouverte sur le monde.

Alors, puisque c’est le temps des vœux, nous disons : 2009, année de la concertation citoyenne ? Chiche !”

Janvier c’est le mois des bonnes résolutions. Faisons donc un rêve : que la majorité municipale délaisse la communication et prenne au sérieux la concertation citoyenne. Le dossier de la rue des Carmes offre ici un bon champ d’observation. Les données en sont connues : pour laisser la circulation automobile continuer à emprunter cet axe avec le tram, M. Carré propose d’aligner la rue en détruisant 17 immeubles. 17 immeubles datant des XVIè-XVIIIè siècles. 17 immeubles dont 6 au moins ont des façades à pans de bois. 17 immeubles qui abritent des familles, des habitants, des commerces. 17 immeubles et combien de situations personnelles à gérer, de personnes à reloger, de propriétaires à indemniser ? Pour quel coût patrimonial, urbain, financier, social, humain ? Pour quel avantage ? Plus de bouchons ? Plus de pollution ? Comment parler d’un côté de développement durable et d’agenda 21 et vouloir attirer, de l’autre, toujours plus de voitures dans le centre ancien ? Comment voter, d’un côté, la « charte de la participation citoyenne » et ignorer, de l’autre, le vœu des habitants ? Lors de la réunion publique du 11 décembre dernier au CRDP, un net consensus s’était dégagé, parmi les gens du quartier, en faveur d’une piétonisation de la rue des Carmes. Pourtant, le maire affirme que « le quartier n’est pas prêt pour la piétonisation ». Comment justifier une telle contradiction ?

Forts de ces constats, nous proposons un contre projet pour les Carmes. Un contre projet plus écologique, plus respectueux du patrimoine et de la vie des habitants, plus soucieux des deniers publics. Ce projet prévoit la piétonisation de la rue des Carmes, la rénovation de ses immeubles anciens, et le passage du tram sur une seule voie, en circulation alternée. Le tronçon concerné par cette voie unique (entre la croix Morin et la place De Gaulle), très court, ne gênera pas la succession des rames. Les avantages de cette solution sont nombreux : pas de traumatisme pour les habitants, des économies considérables en argent, en temps de travaux, en nuisances, le doublement de la taille des trottoirs du secteur concerné, et une amélioration sensible du bien être urbain. Pourquoi, alors, ne pas proposer ce projet au choix des citoyens, comme cela a été demandé à M. Carré qui n’a pas daigné nous répondre ? Confondrait-on participation citoyenne et adhésion aux projets municipaux ? Nous n’osons le penser…

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Dies irae dies illa

25 janvier 2009 · 35 commentaires

En principe, ce blog est consacré aux affaires d’intérêt municipal et je m’étais  fixé comme règle, en le commençant,  de ne pas sortir du périmètre orléanais, ou du moins de celui, un peu plus vaste, de l’agglomération orléanaise. Néanmoins, toute règle comporte des exceptions et certaines réformes annoncées ou en cours (suppression du juge d’instruction, atteinte au droit d’amendement des parlementaires), tout comme certaines affaires visant des journalistes, le recours croissant au délit d’outrage, la mise sous tutelle de l’audiovisuel public ne peuvent qu’inciter les citoyens à s’interroger sur les menaces qui pèsent sur les libertés publiques et donc pousser la blogueuse orléanaise que je suis à dénoncer cette forme inavouée de bonarpartisme tranquille.

Or la semaine qui commence demain devrait permettre de mesurer l’intensité des refus collectifs, en voyant s’exprimer la convergence des mécontentements. “L’appel des appels”, publié dans le numéro de vendredi de Libération rend fort bien compte de cette accumulation d’exaspérations, née d’une fuite en avant réformatrice, réalisée sans concertation et sans réflexion, au nom d’une exaltation pathologique de l’action (il faut toujours “faire quelque chose”) servie par une communication forcenée qui sert de cache sexe à l’idéologie libérale la plus dure.

Pour ma part,  je suivrai donc le mot d’ordre de grève lancé pour jeudi prochain et je joindrai ma voix à celle des manifestants outrés par le mépris, la bêtise et la dogmatique obtuse de nos gouvernants.

Je le ferai avec d’autant plus de rage, que j’appartiens à un corps, celui des professeurs d’université, dont le gouvernement actuel ignore tout, mais dont il entend néanmoins régenter le fonctionnement avec une brutalité sans précédent. Surtout, il opère ses intrusions successives dans la porcelaine universitaire non en vue de l’intérêt général, mais pour se conformer à des objectifs comptables à courtes vues. La logique qui inspire l’actuelle inepte réforme du statut d’enseignants chercheurs repose sur deux piliers majeurs : la mise en concurrence des individus contre les individus ou la lutte de tous contre tous (c’est ce que Hobbes appelle “l’état de nature”), d’une part;  la recherche d’économies budgétaires d’autre part.

Les coûts qu’elle induit sont l’exacerbation des tensions au sein des établissements d’enseignement supérieur (vous imaginez l’ambiance lorsque votre salaire et vos obligations de service ne sont plus fixés statutairement mais dépendent du bon vouloir d’un de vos chers collègues) au détriment de l’unité du corps, la majoration du rôle du président d’université, au détriment du principe d’égalité qui préside au fonctionnement des universités depuis le Moyen Age (l’universitas = la communauté des égaux), la dévalorisation de la fonction d’enseignement au détriment des étudiants, la baisse mécanique du temps dévolu à la recherche, au détriment de l’excellence académique. Et comme cela ne suffisait pas, non content de s’attaquer à l’université, Sarkozy nous a promis, pour faire bonne mesure, la disparition du CNRS pour 2009.

L’université, comme l’hôpital, le palais de justice, l’école, n’est pas une entreprise privée; les universitaires ne sont pas des managers et nos étudiants ne sont pas des clients. Au demeurant, on ne mesure pas l’efficacité d’un service public avec une calculette simplement en additionnant des profits et en soustrayant des coûts.

Enfin, et sans doute est-ce le plus important,  la refonte de notre statut menace notre bien le plus précieux, notre indépendance, notre liberté, notre TOTALE  liberté. C’est pour la préserver que nous nous battons aujourd’hui, tous unis, de droite comme de gauche. Parce que nous estimons que cela n’est pas négociable.

Pour permettre à tous de se faire une idée de la situation, je vous reproduis, ci dessous, le texte d’un appel paru dans Le Monde du 6 janvier dernier.

No pasaran!

alma-mater

“Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche vient de diffuser un projet de décret sur le statut des universitaires qui concrétise la loi sur la responsabilité des universités (LRU) – d’autonomie des universités d’août 2007.Deux réformes majeures sont prévues. D’une part, la possibilité d’une modulation des services d’enseignement est introduite en fonction de l’intensité et du niveau de la recherche de chaque universitaire : avoir une activité de recherche “soutenue” permettrait d’enseigner moins ; ne pas remplir cette condition exposerait à devoir enseigner plus. D’autre part, l’essentiel du déroulement de la carrière (recrutement, avancement, octroi de primes ou de congés sabbatiques et modulation des services) est confié à l’instance universitaire locale, vidant de sa substance le statut de fonctionnaires d’Etat maintenu par le décret pour les professeurs et maîtres de conférences.

Les signataires du présent texte proviennent de disciplines diverses, leurs opinions politiques, leurs appartenances syndicales sont variées, mais ils sont unanimes à considérer qu’un tel projet est, en l’état, inacceptable. Ils ne se mobilisent pas seulement pour défendre leur statut et leurs droits, mais aussi parce que, demain, si les réformes annoncées s’appliquaient, le service public auquel ils sont attachés en serait affaibli, et les premières victimes en seraient ses premiers usagers, les étudiants qu’il leur incombe de former.

Ce projet est d’abord inacceptable parce qu’il repose sur une logique de défiance à l’égard des universitaires, suspectés de ne pas accomplir correctement leur double tâche d’enseignement et de recherche. Faire dépendre le service d’enseignement de critères d’évaluation de la recherche – pour l’instant incertains -, c’est risquer d’assimiler l’activité noble qu’est l’enseignement à une sanction. Cela revient en tout cas à introduire entre les deux missions des enseignants-chercheurs une hiérarchie : ou bien un bon enseignant n’a nul besoin de s’adonner à des recherches, ou bien un chercheur peu productif suffit à faire un enseignant performant.

Ce projet est ensuite inacceptable parce que, à supposer qu’on admette le principe d’une modulation des services liée à une évaluation permanente de l’activité de recherche, les modalités proposées pour cette modulation ne garantissent nullement contre l’arbitraire. Le pouvoir de décision serait en effet aux mains du président d’université (ou du directeur d’établissement) et du conseil d’administration, le second étant conçu par la loi LRU comme un instrument du premier.

Le projet de décret accentue les effets nocifs de la loi LRU, qui a concentré tous les pouvoirs aux mains des présidents d’université. Or dans les universités des pays comparables, si le pouvoir de gestion est entièrement confié à la présidence conçue comme une instance administrative, celle-ci ne détient pas légitimement le pouvoir académique, qui relève des universitaires. En outre, compte tenu des contraintes budgétaires, rien ne garantit que la modulation ne soit le cheval de Troie de l’augmentation du service d’enseignement.

Ce projet est enfin inacceptable parce que, en vidant de son contenu le statut de fonctionnaires d’Etat des universitaires, il porte une grave atteinte aux libertés académiques sans lesquelles il n’y a pas d’universités dignes de ce nom. Depuis des années, le ministère de l’enseignement supérieur s’attaque à la ressource la plus précieuse de l’universitaire : son temps d’autonomie. C’est grâce à lui qu’il peut féconder son enseignement par ses lectures, ses recherches, ses échanges avec d’autres spécialistes, en France et à l’étranger.

Le projet de décret poursuit méthodiquement cette traque de deux manières. D’une part, il vise à transformer l’universitaire en un “employé de l’université” bon à tout faire : non seulement de l’enseignement et de la recherche, mais aussi de la direction d’unités de recherches, de l’ouverture vers l’international, de l’orientation professionnelle, du tutorat, de la levée de fonds, de fonctions d’intendance ou de secrétariat pour lesquelles le personnel administratif qualifié n’est pas assez nombreux. D’autre part, ce texte méconnaît le principe pour lequel le statut de fonctionnaire d’Etat a été conféré aux universitaires : pour garantir leur liberté. Celle-ci est la condition essentielle du développement de leur vocation : associer l’enseignement à la recherche dans un cadre serein et approprié.

Si l’assimilation bureaucratique de l’université à une “entreprise”, et de l’enseignant-chercheur à un “employé” comme les autres, ne s’arrête pas, tout le monde y perdra. Non seulement les universitaires, incités à déserter une institution de plus en plus hostile, mais aussi les étudiants, exposés à voir diminuer la qualité de leurs formations en raison de la fuite, déjà entamée, de leurs meilleurs enseignants, et enfin l’université elle-même. Les réformateurs veulent à tout prix normaliser vers le bas une institution qu’ils comprennent mal et à laquelle ils sont étrangers. Rien d’étonnant à cela : ceux qui tiennent la plume du ministre et donc, de facto, celle du pouvoir législatif et du pouvoir réglementaire, sont justement ceux qui ont troqué la toge d’universitaire contre l’habit de conseiller du Prince.

Le ministère n’a jamais été aussi dirigiste que depuis qu’il prétend octroyer aux universités leur autonomie. Il serait grand temps qu’il daigne écouter les universitaires, c’est-à-dire ceux qui “sont l’Université”, comme le disait si justement Simon Leys. Ils lui diront le fossé abyssal qui existe entre les beaux discours sur l’excellence, ou encore sur le pari de rendre attractives les universités françaises, et la réalité qui se dessine déjà : celle d’universités abandonnées au féodalisme et au clientélisme d’administrateurs locaux.

Loin d’être partisans du statu quo, nous sommes les mieux placés pour connaître l’ampleur des problèmes rencontrés par l’université et l’urgence de les résoudre. Mais en raison du déséquilibre manifeste qui est ici introduit entre les obligations (étendues) et les droits (restreints) des universitaires, nous demandons au ministère de suspendre la procédure d’édition de ce décret et de procéder à des amendements importants, de façon à redonner à ce statut l’équilibre grâce auquel il est une garantie institutionnelle au profit non seulement des universitaires, mais de l’université.”

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Une vraie avancée sociale

15 janvier 2009 · 51 commentaires

J’ai appris, ce matin, en écoutant la radio (France Bleue), que M. Lopez, représentant des éboueurs grévistes del’agglO, avait été convoqué au TGI sur plainte de M. Grouard, Maire d’Orléans, pour “blocage de la voie publique”. On croit rêver! Non, cauchemarder! Comment ne pas être consterné par un tel dévoiement de la procédure? D’abord, ces méthodes  rappellent les pires jours du délit de grève, dont je préfère ne pas redire ici sous quel régime honni de l’histoire de France il a , pour la dernière fois, trouvé à s’exercer. Ensuite, cette plainte traduit un déplacement dangereux de l’action du champ politique (où elle devrait trouver à s’exprimer, entre adversaires légitimes) au champ judiciaire (entre un plaignant et une victime) : c’est donc une mise en faillite des procédures démocratiques de concertation, en même temps qu’une défaute de responsabilité. Où est le droit du travail dans tout cela? Où est le respect de l’autre? Quelle absence totale de considération cela traduit-il envers les partenaires sociaux! Enfin, cette plainte me scandalise en ceci qu’elle fait suite à  trois semaines de total AUTISME SOCIAL. Combien de fois les éboueurs ont-ils rencontré leur employeur? Pourquoi M. Lemaignen  président de l’agglomération orléanaise, n’a-t-il pas cru bon d’aller entendre ses agents (devrais-je écrire ces “gens”) en grève? Quelle incroyable morgue de classe! Et pendant ce temps là, les citoyens de l’agglO, qui ne savent pas qu’ils sont gouvernés par une droite dure, pataugent dans les ordures qui s’amoncèlent, au milieu d’un gigantesque gâchis collectif!

Voici, à titre d’information, le communiqué de presse publié par l’opposition muncipale d’Orléans (Socialistes, verts et apparentés). En espérant que la raison finira par se faire entendre, y compris chez nos très aristocratiques édiles.

“Cela fait maintenant 20 jours que les éboueurs de l’agglomération Orléans Val de Loire ont entamé une grève pour demander une prime supplémentaire de 100 euros par mois.
Cela fait maintenant 20 jours que le président de l’agglomération Orléans Val de Loire distille par voie de presse son mépris social et sa rancœur réactionnaire à l’égard d’agents qui effectuent, dans des conditions pénibles, un travail d’intérêt général.
Pendant ces 20 jours l’exécutif de l’agglomération Orléans Val de Loire a laissé pourrir la situation et refusé de s’asseoir à la table de négociations avec les grévistes, au mépris des règles les plus élémentaires du droit du travail. Il a fallu que le médiateur nommé par le préfet impose une première rencontre pour que M. Lemaignen aille enfin écouter ce que ses agents avaient à lui dire, pour le résultat que l’on sait.
Pendant ces 20 jours monsieur Grouard, maire de la principale commune de l’agglomération, n’a pas jugé utile de s’exprimer sur le sujet, laissant son adjoint seul à la manœuvre comme président de l’agglO. Mais depuis peu, il a repris l’initiative et durci un peu plus le climat. La veille de la venue du président Sarkozy, il a fait appel à une société privée pour « déblayer le terrain ». Surtout, alors que les premières négociations venaient de commencer avec les représentants des grévistes, il a souhaité porter plainte contre l’un d’entre eux, M. Serge Lopez, pour « blocage de la voie publique ». Voilà une bien étrange manière de négocier… D’ailleurs, la voie publique serait-elle bloquée si l’on s’était donné la peine de discuter un tant soit peu avec les travailleurs mécontents ? Qui bloque quoi dans cette affaire ?

Face à cette situation, l’opposition municipale d’Orléans (Groupe socialistes, verts et apparentés) tient à rappeler une nouvelle fois sa totale solidarité avec les travailleurs en grève.
Elle dénonce l’actuelle situation de blocage, due à l’incurie des responsables de l’AgglO ainsi que le mépris d’un autre âge affiché par ceux-ci à l’égard des revendications des éboueurs.

Elle constate que l’absence de négociation a conduit chacun des maires de l’agglO à reprendre la main sur le dossier de la gestion des déchets, vidant ainsi de tout contenu l’intérêt communautaire à coups de menaces de réquisitions et d’appels à des sociétés privées. A Orléans Val de Loire, l’intercommunalité n’existe que quand tout va bien : en cas de crise, elle est aux abonnés absents et le chacun pour soi reprend ses droits. Encore un brillant succès à porter au crédit de M. Lemaignen. Pourquoi en effet attendre la réunion des maires pour agir ? Le président de l’agglO n’a-t-il de compétences que pour décider tout seul de ne rien faire ?
L’opposition municipale s’étonne d’ailleurs de la soudaine rigueur budgétaire qui contraindrait l’exécutif communautaire à ne pas satisfaire les demandes des grévistes. Dans le passé, celui-ci a été moins soucieux de l’argent du contribuable. Quel gaspillage de deniers publics n’a-t-on pas fait lorsqu’il s’est agi par exemple de financer un Inexplosible devenu depuis un Inexploitable (940 000 euros), de creuser un canal qui ne mène nulle part, de construire une capitainerie qui ne reçoit aucun bateau (et de payer les deux agents qui y travaillent), de ne pas construire un tramway attendu depuis 7 ans et de dépenser, par centaines de milliers d’euros, des études inutiles pour des projets avortés ? En général, l’augmentation salariale récompense la qualité du travail accompli. A l’AgglO, l’augmentation des indemnités des responsables communautaires sanctionne une longue série d’échecs retentissants. Cherchez l’erreur !”

greve

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Coming out

13 janvier 2009 · 7 commentaires

rose-rouge-en-bouton

Ça bouge pas mal en ce moment au sein de l’opposition municipale. Outre les deux démissions récentes de nos collègues Joelle Beauvallet et Marc Debarbat que je salue chaleureusement, et l’entrée concomitante de Michel Ricoud et d’Elsa Pelloie, à qui je souhaite bienvenue et bon courage (il va leur en falloir, les pauvres), je tenais à vous informer de ma sortie de la “société civile” (j’adore vraiment trop cette expression) et de mon entrée subséquente dans le monde merveilleux des partis politiques.

Voici le petit communiqué de presse que j’ai concocté à cette occasion:

“Conseillère municipale d’opposition au sein du groupe « Socialistes, Verts et apparentés », jusqu’à présent au titre de la « société civile », je viens d’adhérer au Parti Socialiste, section d’Orléans. Cette adhésion s’inscrit dans le droit fil de mon engagement politique, au service des Orléanais et de la ville d’Orléans. Je suis en effet convaincue qu’on ne peut rien tout seul et qu’à l’inverse, le PS constitue le lieu le plus approprié pour mener une réflexion stratégique sur notre ville et mobiliser efficacement les réseaux citoyens afin de reprendre Orléans à la droite, dans cinq ans.”
Bon, pour les stratèges du calendrier, je tiens à préciser que:

1) j’ai déjà été adhérente du PS il y a de longues années (15 ans je crois : c’était après la défaite aux européennes : j’espère que ça n’est pas un signe pour cette année…). J’avais quitté ce parti pour des raisons d’ordre personnel (en gros, me marier, fonder une famille, avoir des enfants) que je n’arrivais pas bien à concilier avec un engagement politique actif;

2) j’ai pris ma décision de réadhésion en septembre, mais  j’ai prudemment préféré attendre janvier et l’après congrès du PS (ses délices et ses poisons) pour rejoindre la vieille maison de Jaurès.

Voilà…

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Les enfants, la concertation citoyenne est mal partie. C’est moi qui vous le dis

23 décembre 2008 · 44 commentaires

Après une semaine de folie (plus jamais un colloque à Nanterre et un conseil municipal à Orléans le même jour : c’est la mort sans phrase) et un léger début d’hibernation qui a mollement débordé du week end, je reviens non sans plaisir aux délices narcissiques (et vaguement exhibitionnistes) de la blogosphère, fût-elle orléanaise. Figurez-vous qu’il faut absolument que je vous parle de cette  histoire de  charte de la participation citoyenne. Non, non rassurez vous: ce n’est pas là l’article ennuyeux que je vous ai promis il y a peu (et que je vais écrire : je ne menace jamais en vain) sur la procédure d’élaboration de ce  texte, le contenu de ses articles, tout ça.

Juste un petit billet. Court. Mais significatif.

Voilà ce dont il s’agit. Comme vous le savez sans doute, le dernier conseil municipal a vu, entre autres, l’adoption d’un texte fondamental sur la participation citoyenne. Un texte “unique” (nous a-t-on dit), une sorte d’horizon épistémologique indépassable de la garantie juridique, le must de la concertation, bref, l’incarnation vivante de la Grundnorm kelsénienne au niveau municipal. Un truc terrible, donc, qui va faire reculer la faim dans le monde et progresser la démocratie partout.

Or, inexplicablement ce texte, que les conseillers municipaux devaient voter (et ont voté, je vous rassure : le conseiller municipal de base est kantien : il doit donc il peut) NE FIGURAIT PAS DANS LE DOSSIER DES DÉLIBERATIONS REMIS AVANT LE CONSEIL. Pour les ignorants (je pense en particulier à Esther), le moindre conseiller municipal de 2ème classe dispose, en gros 48h00 avant de siéger, de l’intégralité des textes sur lesquels on lui demande de se prononcer lors de la réunion de l’assemblée délibérante. Ce qui fait que vendredi soir s’est produite une sorte de faille spatio-temporelle dans la continuité longitudinale du conseil municipal lorsqu’un membre de l’opposition, particulièrement malveillant a fait remarquer cet oubli, causant un moment de flottement (”tangage” conviendrait mieux) dans les rangs généralement majestueux et impavides de l’exécutif.  Il a alors  fallu remédier à l’oubli sur le mode panique : non pas en reportant la délibération au prochain conseil (c’eût été la solution la plus conforme au droit) mais par un bricolage digne de Pif Gagdget: par la distribution AUX SEULS MEMBRES DE L’OPPOSITION MUNICIPAL du texte en question. Je passerai charitablement sur bazar que cela a mis ans l’ordonnancement du conseil et je me limiterai pour ce soir, aux observations suivantes:

1) Sur le plan du droit, cette délibération est évidemment nulle, et comme dirait l’un de mes vieux maîtres juristes “d’une nullité profonde”. Ce n’est pas mon meilleur ami, le CGCT qui dira le contraire. La non communication d’une pièce aussi importante est un vice de procédure qui ne peut être purgé sur le champ. D’ailleurs, à mon avis, il y a de vrais problèmes de photocopieuses à la mairie : lors du conseil précédent, ce sont les rapports de conclusions définitives de la chambre régionale des comptes sur le club de basket qui ne nous avaient pas été communiqués. Là encore, en contravention manifeste avec les obligations légales. Mais ne chipotons pas…

2) Sur le plan politique, nous avons eu en direct, la démonstration de l’irresponsabilité  de nos amis conseillers de la majorité. Voilà en effet de braves gens, tous conseillers délégués, beaucoup conseillers communautaires, et je ne vous parle même pas des adjoints (et encore moins des députés, ça serait cruel), tous  gens parfaitement honorables et dotés de responsabilités électives éminentes, qui ont voté un texte sans l’avoir lu, sans savoir ce qu’il y a avait dedans. Comme on signerait un chèque en blanc. Et pas n’importe quel texte :  un texte qui va encadrer leur pratique municipale de la vie politique pendant 6 ans. La fameuse Grundnorm orléanaise. Franchement, si les seuls à lire les délibérations sont les conseillers de l’opposition, je propose une simplification du conseil : on considère comme acquis le vote des collègues de la Majo et on limite la réunion aux adjoints qui portent les délibérations et à nous qui les regardons. Ca fera gagner du temps à tout le monde. Et ça rejoint l’une des interrogations fondamentales qui m’agitent depuis le début de mon expérience politque : à quoi sert le conseil municipal, à part à communiquer et à mettre en scène les clivages politiques?

3) Sur le plan symbolique, je m’inquiète drôlement pour la charte. Volià un outil qui est sensé intensifier la participation citoyenne et qui a été voté dans l’indifférence générale, pire, dans l’ignorance absolue de la majorité. A Rome, à la grande époque (quand les types portaient ces toges encombrantes et parlaient systématiquement  latin),  on observait les entrailles des bestioles pour prédire l’avenir, et on étudiait le vol des oiseaux avant de faire un truc important (on appelait cela “in-auguratio”). A Rome, donc, on aurait considéré un bug pareil comme de super mauvais augure pour la suite. Et on l’aurait laissé tomber.

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Mais il est vrai que les Romains étaient un peuple de juristes. Et qui plus est de juristes superstitieux.

ô tempora, ô mores!

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