Place de l’Etape

Articles étiquettés ‘alignement’

Mauvais “Carma” et “funeste projet”…

18 septembre 2009 · 6 commentaires

Rien ne va plus à la mairie d’Orléans sur le front des Carmes…

D’abord, une petite entrée en matière la semaine passée: un conseil municipal musclé, vendredi dernier, où le rôle du maire d’Orléans, Serge Grouard, avait été vertement critiqué par l’opposition à propos de la suppression de l’avis conforme de l’ABF en cas de modification des ZPPAUP (OK, il s’agit d’un sujet technique, mais c’est aussi un sujet important, qui mérite vraiment qu’on s’y intéresse de près).

Ensuite, grosse piqure de rappel: le tacle de Jack Lang, sur France inter, dans une émission de grande écoute (video à consulter ici, sur le site de Libé Orléans).  Lors de cette intervention radiophonique remarquée, l’ancien ministre de la culture, à l’origine de la création des nouveaux périmètres de protection que sont ces fameuses ZPPAUP,  critiquait avec éloquence les “funestes projets”  du maire d’Orléans et de celui de Provins, (l’alignement de la rue des Carmes pour le premier, la construction d’un pavillon sur les remparts médiévaux d’une ville classée au patrimomine mondial pour l’autre) funestes projets que des ABF s’efforçaient de contrarier. Il est vrai que quand on est député maire, c’est bien commode : si la loi vous contraint trop, vous avez toujours la faculté de changer la loi!

Bref, tout cela commençait à faire désordre  et un titre assez peu équivoque de la presse locale illustrait le sentiment général:

La République du Centre du 18 septembre 2009

La République du Centre du 18 septembre 2009

Enfin, dernière couche : le vote des sénateurs, dans la nuit de jeudi à vendredi, qui réparait les errements des députés et rétablissait (au moins dans un amendement qui doit encore être discuté avec leurs collègues de l’assemblée nationale) l’avis conforme de l’ABF à l’intérieur des ZPPAUP (Source Libé Orléans. ). Pour une analyse juridique détaillée de ce nouveau rebondissement, vous pouvez aller faire un tour sur Rue des Carmes.com

Face à ce qui ressemble de plus en plus à une mauvaise passe pour la majorité municipale (qui n’est pas au bout de ses peines, la pauvre!), on nous ressort deux airs connus :

1) le syndrome Caliméro : Le monde est peuplé de gens méchants, particulièrement bien représentés au sein de l’opposition muncipale. Ces pervers n’ont de cesse que de ruiner les magnifiques projets menés par la ville (enfin, ceux qui ne s’ensablent pas tout seuls ou qui ne tombent pas dans des “trous”). Tout ce qui arrive de mal vient d’eux. Ils sont agressifs et ils politisent tout.. En gros, ce schéma de victimisation à dominante compassionnelle est la ligne de communication du maire.

 2) Le complexe de supériorité ou le ton doctoral, bien illustré par les propos qui suivent d’Olivier Carré:

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Ace point (élevé) du débat, l’opposition muncipale d’Orléans, quoique la plus bête (mais  la plus puissante : rappelz vous le syndrome Caliméro) du monde, souhaite effectuer quelques mises au points qui lui semblent nécessaires: 

A la lecture de l’édition du 18 septembre de la République du Centre, les élus municipaux du groupe Socialistes, verts et apparentés constatent qu’à leur argumentation étayée dénonçant la suppression de l’avis conforme de l’architecte des Bâtiments de France dans le cadre des ZPPAUP, voté par deux des députés d’Orléans, MM. Grouard et Carré répondent par un procès en incompétence.

Incompétente, l’opposition municipale « qui ne comprend rien aux procédures » alors qu’elle s’est référée explicitement au règlement de ZPPAUP voté par la ville d’Orléans le 23 novembre 2007 ?

Incompétent, Jack Lang, pourtant à l’origine de la création des ZPPAUP (Loi du 7 janvier 1983), que le maire d’Orléans invite à « réviser, afin qu’il sache ce qu’il dit » ?

Incompétents, les associations de défense du patrimoine et le ministère de la culture qui ont dénoncé, au plan national, la brutalité et la gravité d’une mesure votée en catimini, qui constitue un mauvais coup pour la protection patrimoniale ?

Incompétents les sénateurs de la république, qui viennent de voter à l’unanimité moins une voix (donc toutes tendances politiques confondues) un amendement qui rétablit l’avis conforme de l’ABF ?

 

Les faits sont têtus. Les ZPPAUP suspendent le périmètre de protection de 500 mètres autour des monuments historiques institués par la loi du 31 décembre 1913. En contrepartie, elles créent de nouveaux périmètres de protection  à l’intérieur desquels tous les travaux (construction, démolition, transformation, ou modification de l‘aspect des immeubles bâtis et non bâtis) sont soumis à une autorisation qui ne peut être délivrée que par l’ABF ou avec son avis conforme. Contrairement à ce que prétend M. Carré, cette autorisation ne fait pas « double emploi » avec la création de la zone de protection mais garantit au contraire le respect des dispositions contractuelles édictées par la ZPPAUP. En clair, supprimer l’avis conforme de l’architecte des bâtiments de France revient à fausser complètement les mécanismes mis en place par ces nouveaux périmètres de protection, qui se trouvent ipso facto vidés de leur substance. C’est un peu comme si le signataire d’un contrat modifiait unilatéralement ce contrat, au seul motif qu’il n’avait plus envie de se soumettre aux obligations qu’il avait pourtant promis d’observer.

 

Par delà ce triste procès en incompétence intenté par MM. Grouard et Carré, qui se gardent bien de répondre sur le fond, l’opposition municipale dénonce dans cette affaire l’un des effets pervers du cumul des mandats entre fonction locale et exécutive (celle de maire) et fonction législative nationale (celle de député). Au delà du cas de la rue des Carmes et de celui de l’Ile Arrault, c’est bien du fonctionnement de notre démocratie dont il est ici question. Face à ce type de dysfonctionnement, il apparaît urgent de réformer en profondeur nos institutions républicaines en supprimant le cumul des mandats.

 

Enfin, l’opposition municipale entend rappeler une fois encore que le patrimoine est l’affaire de tous. Il n’est ni de droite ni de gauche (les sénateurs l’ont compris !) mais constitue notre bien commun. Nous n’en sommes que les provisoires dépositaires. Nous nous devons de le sauvegarder et de l’honorer, pour le transmettre à nos enfants. Décidément, la rue des Carmes et l’Ile Arrault méritent mieux que ce médiocre procès en incompétence. Nous devons tous nous unir pour les protéger, quelles que soient la couleur de nos convictions politiques !

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La mauvaise équation de la mairie pour les Carmes : des grandes surfaces, moins de logements, plus de voitures

13 mars 2009 · 14 commentaires

Mardi soir 10 mars s’est tenue à la mairie de proximité de la place de la République le premier atelier thématique consacré au « fonctionnement » de la rue des Carmes. La réunion était animée par Catherine Mauroy (adjointe pour le centre ville), en présence de Mme Ricard (conseillère déléguée pour le quartier Carmes Bannier), de M. Foussier (adjoint pour le commerce) et de plusieurs membres des services techniques de la ville d’Orléans.

A cette occasion, les participants à la réunion ont pu prendre connaissance des « avantages» du projet d’urbanisme sensé justifier le sacrifice d’une partie de la rue des Carmes et l’expropriation de certains de ses habitants. Première donnée : les logements. Actuellement, les immeubles promis aux bulldozers comptent « environ » 90 logements. La grandiose opération d’urbanisme projeté permettra d’en construire une soixantaine, soit une perte sèche d’une trentaine d’unités.

Deuxième donnée : les places de parking. Pas moins de 3 nouveaux parkings vont être en effet construits dans un rayon de 500 mètres : un sous l’actuelle trémie Jaurès, un rue des Carmes, et un au Cheval rouge. L’ensemble comptabilisera à peu près un millier de places. Pas de chance, moins de 15% de ces places seront réservées aux riverains.

Troisième donnée, la plus importante : le commerce. Le traitement du quartier va permettre la floraison de 4 « espaces commerciaux » de grandes capacités (1000 m2 rue Carmes ; 1200 m2 sur trois niveaux place du Cheval rouge, accouplés au fameux parking). Nous formons tous des vœux ardents pour que ces locaux trouvent preneurs à un rythme un peu plus soutenu que ceux de l’infortunée halle de la Charpenterie, vide depuis 8 ans (ce qui nous laisserait jusqu’à 2021, puisque les travaux d’aménagement sont sensés être « finalisés » en 2013).

Au total, face à un projet d’urbanisme bien modeste dans ses réalisations quoique bien couteux pour la ville (AUCUN CHIFFRAGE financier, même estimatif, n’a d’ailleurs été annoncé lors de cette réunion), les vrais enjeux de l’entreprise sont ailleurs : dans la caisse enregistreuse des magasins. Malgré les animations numériques en couleurs sur fond de ciel bleu, le projet Carmes est d’une triviale banalité. Il s’agit beaucoup plus d’une requalification commerciale doublée d’une opération de stockage des voitures que d’un plan d’aménagement et de valorisation du quartier. L’opposition municipale (Groupes socialistes, Verts et apparentés) dénonce donc avec force les contradictions d’une entreprise déjà ringarde avant même d’avoir vu le jour.

Écologiquement, c’est une catastrophe. Alors que nos concitoyens, soucieux d ‘économiser leur porte monnaie et leur planète, délaissent de plus en plus leurs véhicules pour marcher ou emprunter les transports en commun, alors que l’AgglO, après maints errements, investit 315 millions d’euros dans la construction d’une deuxième ligne de tram, la ville d’Orléans promeut la circulation automobile, multiplie les parkings en plein centre ville et encourage le recours à un mode de déplacement coûteux et polluant. Voilà de quoi faire se retourner le Grenelle de l’environnement dans l’arrière placard où il a été oublié !

Commercialement, ce n’est pas mieux. A quoi rime cette volonté municipale de multiplier les espaces commerciaux de grande capacité (plus de 400 m2), alors que les habitudes de consommation changent au bénéfice du petit commerce de proximité ? Pourquoi prendre le risque d’un nouveau Waterloo boutiquier à l’heure où les locaux déjà construits ailleurs (comme aux halles) et dévolus à de grandes enseignes ne trouvent pas preneurs ? Pourquoi multiplier les mètres carrés de vente alors que M. Foussier s’avère déjà incapable de trouver un successeur au Champion de la Source et au Lidl de l’Argonne?

Ce n’est pas la rue des Carmes qui a besoin d’un atelier de « fonctionnement ». C’est ce projet Carmes qui ne fonctionne pas.

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Osons les Carmes piétonnes!

28 janvier 2009 · 26 commentaires

Voici la tribune publiée par l’opposition (Groupe Socialistes, Verts et Apparentés) dans la feuille de chou muncipale, “Orléans.mag”. L’article est écrit dans ce style inimitable de simplicité qui n’appartient qu’à moi ( noter que ce texte est inhabituellement court pour ce blog, mais le nombre de signes disponibles étant limité dans Orleans.mag, j’ai dû restreindre considérablement ma fougue).

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“Nous vous présentons nos meilleurs vœux pour 2009 et souhaitons qu’en cette nouvelle année notre ville se montre plus soucieuse de ses quartiers, plus solidaire envers les plus fragiles, plus ouverte sur le monde.

Alors, puisque c’est le temps des vœux, nous disons : 2009, année de la concertation citoyenne ? Chiche !”

Janvier c’est le mois des bonnes résolutions. Faisons donc un rêve : que la majorité municipale délaisse la communication et prenne au sérieux la concertation citoyenne. Le dossier de la rue des Carmes offre ici un bon champ d’observation. Les données en sont connues : pour laisser la circulation automobile continuer à emprunter cet axe avec le tram, M. Carré propose d’aligner la rue en détruisant 17 immeubles. 17 immeubles datant des XVIè-XVIIIè siècles. 17 immeubles dont 6 au moins ont des façades à pans de bois. 17 immeubles qui abritent des familles, des habitants, des commerces. 17 immeubles et combien de situations personnelles à gérer, de personnes à reloger, de propriétaires à indemniser ? Pour quel coût patrimonial, urbain, financier, social, humain ? Pour quel avantage ? Plus de bouchons ? Plus de pollution ? Comment parler d’un côté de développement durable et d’agenda 21 et vouloir attirer, de l’autre, toujours plus de voitures dans le centre ancien ? Comment voter, d’un côté, la « charte de la participation citoyenne » et ignorer, de l’autre, le vœu des habitants ? Lors de la réunion publique du 11 décembre dernier au CRDP, un net consensus s’était dégagé, parmi les gens du quartier, en faveur d’une piétonisation de la rue des Carmes. Pourtant, le maire affirme que « le quartier n’est pas prêt pour la piétonisation ». Comment justifier une telle contradiction ?

Forts de ces constats, nous proposons un contre projet pour les Carmes. Un contre projet plus écologique, plus respectueux du patrimoine et de la vie des habitants, plus soucieux des deniers publics. Ce projet prévoit la piétonisation de la rue des Carmes, la rénovation de ses immeubles anciens, et le passage du tram sur une seule voie, en circulation alternée. Le tronçon concerné par cette voie unique (entre la croix Morin et la place De Gaulle), très court, ne gênera pas la succession des rames. Les avantages de cette solution sont nombreux : pas de traumatisme pour les habitants, des économies considérables en argent, en temps de travaux, en nuisances, le doublement de la taille des trottoirs du secteur concerné, et une amélioration sensible du bien être urbain. Pourquoi, alors, ne pas proposer ce projet au choix des citoyens, comme cela a été demandé à M. Carré qui n’a pas daigné nous répondre ? Confondrait-on participation citoyenne et adhésion aux projets municipaux ? Nous n’osons le penser…

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Penser la rue des Carmes dans son histoire. Pour une esthétique urbaine de l’irrégularité

13 décembre 2008 · 33 commentaires

Avant d’en revenir à l’intéressante procédure de mise en place de le nouvelle charte de la participation citoyenne, je ne peux passer sous silence la première réunion publique tenue hier soir, 11 décembre 2008, sur les projets susceptibles d’affecter en profondeur une grande partie de l’ouest de la ville située  à l’intérieur de ses périphériques.
Je ne parlerai pas ici de la question de la requalification des mails en boulevard urbain, qui me semble être une bonne chose, même si l’entreprise ne manquera pas de soulever d’importantes difficultés de mise en œuvre.
Je n’évoquerai pas davantage l’avenir du site de l’actuel hôpital Madeleine, qui, en tout état de cause, ne relève pas du présent mandat (puisque, selon la délibération votée lors du conseil municipal du 28 novembre dernier, les opérations de réaménagement ne commenceront pas avant 2015 en tout état de cause).
Je souhaite en revanche revenir sur la question de la rue des Carmes, car c’est une affaire qui, à mes yeux, relève d’une importance toute spéciale. Je dirais même qu’à certains égards, c’est une question sur laquelle se joue une grande partie de ma légitimité en tant qu’élue.
Je vais d’abord essayer de m’expliquer sur les raisons – personnelles, et non politiques – de mon engagement.  Elles sont d’ordre affectif et professionnel. J’ai habité 7 ans dans le secteur Carmes. Et pas n’importe quelles années. Des années qui comptent : les années de mon arrivée à Orléans comme jeune agrégée d’histoire, fraiche émoulue de la Sorbonne et de mon cher vieux quartier latin. Les années qui m’ont vu commencer mes études de droit et me passionner pour le GAJA (il y a des perversions plus graves). Je louais  un petit appartement rue des Curés. En face, il y a avait des rastas qui squattaient une piaule et qui fumaient autre chose que du tabac. Ils étaient sympas. Ils dragouillaient gentiment. Ils papotaient beaucoup et enjambaient mon appui de fenêtre (j’étais au rez –de-chaussée) pour venir me rendre visite.
Après je me suis installée dans une petite maison en fond de jardin, rue Grison. Une maison à colombages très jolie que j’adorais. Dans le jardin, il y avait un vieux puits en pierre et un boulot où des chardonnerets avaient trouvé refuge. Le matin, quand je partais prendre mon bus pour aller à la fac, je prenais la rue d’Angleterre, toute incurvée et sur le fond du ciel clair se détachait le clocher de Saint Paul. J’avais l’impression d’être en Italie. Je me baladais dans les rues du quartier. Vieilles rues biscornues aux maisons penchées, aux jardins cachés. C’est comme ça que j’ai aimé Orléans. Par le quartier Carmes. Par les gens tout simples qui y vivent, les histoires interlopes qui s’y passent, l’arabe du coin, les shoarmas, les cafés turcs, la crèche des Chats ferrés où ma fille ainée s’est fait ses premiers copains.
Professionnellement, même si je suis une historienne qui a mal tourné, puisque j’ai viré juriste, je reste viscéralement une médiéviste. Je hais les villes sans histoire et je me sens mal à l’aise dans des pays sans passé. J’aime les vieilles pierres, les poutres vénérables, les odeurs de moisi, la pourriture noble, les parchemins qui sentent la bête, les toiles d’araignée, le rythme de la phrase latine et les caves voutées. Je pense que la force d’une ville tient aussi à sa capacité à assumer son passé, à honorer son patrimoine.

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A cet égard, pour dissiper toute ambiguité, il me semble naturel de rendre hommage sans arrière pensée aux efforts considérables déployés lors du premier mandat de M. Grouard en matière de conservation patrimoniale. Ce n’est pas moi qui m’alarmais du piteux état de Saint Aignan qui vais râler parce qu’on injecte des millions d’euros dans la restauration de cette église ! Avec des copains, à la fin des années 90 on voulait même fonder une association de sauvegarde tellement on était affolés par le délabrement des lieux. Jamais je n’ai critiqué le plan de rénovation du secteur Bourgogne, le décapage de l’hotel Groslot (une résurrection) ou de l’ancienne salle des Thèses de l’Université d’Orléans (XVè). Au contraire ! A l’inverse, la politique patrimoniale fut certainement l’un des points faibles des deux mandats de J.P. Sueur.
Mais alors, précisément, au nom de ces réalisations passées, que l’on n’aille pas tout chambouler rue des Carmes. De grâce, que l’on fiche la paix aux 17 immeubles de cette voie menacés d’alignement !! Ces  immeubles (dont le plus récent date de 1794 et a été construit par l’architecte orléanais Benoit Lebrun, qui fut maire d’Orléans et qui réalisa l’ancien théâtre de la ville), n’ont pas traversé entre 2 et 5 siècles d’histoire urbaine pour se faire aligner et laisser la place à des voitures !  Ces immeubles, dont 6 au moins comptent des pans de bois, dont la plupart ont des escaliers en fer forgé, des caves voutées du XIIIè siècle, des cours intérieurs qui recèlent des façades Renaissance, méritent beaucoup mieux que la benne à ordure.
L’urbanisation d’Orléans n’a pas besoin de ce sacrifice.
Le tramway ne nécessite pas cette saignée.
Aucun projet urbain d’envergure  ne rend  inévitable cette mise au carré.
Aucun argument rationnel n’a été apporté hier à l’appui de cette destruction camouflée sous l’euphémisation hypocrite de déconstruction.
Rien, pas le début d’une explication.
Hier, à la réunion publique du CRDP, j’ai posé la question de la valeur patrimoniale du secteur bâti promis à la démolition. On m’a répondu que je faisais de la politique. Mais c’est à pleurer ! S’il est une question qui, avec le bien être des hommes, devrait dépasser les clivages politiques, c’est bien celle de la conservation patrimoniale! Le passé d’une ville n’est ni de droite ni de gauche. Il appartient à tous ses habitants et nourrit leur identité. Nous n’en sommes pas les propriétaires mais les dépositaires et nous sommes collectivement comptables de la transmission de ce dépôt. Honte à nous si nous ne savons pas protéger l’héritage de nos pères ! Que diront nous à nos enfants ?
Orléans n’a déjà que trop souffert, depuis un siècle, du marteau brutal des démolisseurs imbéciles.

Que le temps de la concertation qui s’ouvre soit donc aussi le temps du retour à la raison.

Rendons à la rue des Carmes son lustre ancestral et à leurs habitants la fierté de vivre dans l’un des quartiers les plus attachants d’Orléans ! Laissons cette artère  s’ouvrir sur la perspective de la croix Morin, comme elle l’a toujours fait. Surtout,  ne la fantasmons pas au cordeau, dans un rêve délétère d’absolue régularité urbaine.

Pour ma part, vous l’aurez compris, jamais je ne me résignerai à un alignement coûteux que rien ne justifie.
Jamais.

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