Aujourd’hui était un grand jour pour moi. Après 6 mois comme conseillère municipale sonnait enfin l’heure tant attendue de ma première commission thématique. Pour les non initiés (j’ai peur qu’il y en ait parmi mes lecteurs, enfin, ceux qui n’appartiennent pas au cabinet du maire), pour les non initiés, disais-je, les commissions dites « thématiques » sont des instances composées d’élus municipaux (de la majorité et de l’opposition) et de membres des services de la ville. Leur but est de préparer les délibérations du conseil municipal par un examen préalable et contradictoire des dossiers. Ces fameux dossiers (composés tantôt de quelques simples feuillets, et tantôt de liasses impressionnantes de documents techniques, de conventions, de préconisations, etc.) sont réunis par les services techniques de la ville. Etudiés et débattus par les conseillers municipaux, ils peuvent faire l’objet d’amendements, de compléments ou de corrections de façon à baliser au mieux la réflexion et le vote du conseil, seul habilité juridiquement à prendre des décisions. En clair, en aval du travail technique de montage des dossiers mais en amont des discussions et des votes du conseil municipal, les commissions sont un lieu de réflexion, de concertation et d’échange où se joue quelque chose de l’avenir de la ville.
J’étais donc toute contente. D’autant que j’avais drôlement attendu pour pouvoir exercer cette petite parcelle de responsabilité nouvelle. Ma commission, en effet, avait déjà été annulée une fois et reportée une fois. C’est tout naturel : elle porte sur des sujets peu importants : « l’action économique, le commerce, l’enseignement supérieur et la recherche ». De la gnognotte, donc. Malgré ces petits problèmes de rodage, bien compréhensibles, pour une équipe municipale sans doute jeune et encore peu expérimentée (7 ans aux affaires, finalement, ça passe très vite), la tenue de cette réunion ne s’en annonçait pas moins prometteuse. Voire exaltante.
Autant vous dire que j’ai été déçue.
D’abord, sur 9 élus membres seuls 4 étaient présents (dont les deux de l’opposition). Heureusement qu’il n’y avait pas de quorum.
Ensuite, en fait de travail, la commission a essentiellement consisté à avaliser la distribution de subventions. C’est un peu l’école des fans. C’est chouette, on a l’impression d’être le père Noël. Si c’est ça l’action économique, j’adôôôre !
En outre, les documents n’étaient pas distribués en amont : on arrive, et on découvre les dossiers. On a donc 5 minutes pour en prendre connaissance et réagir. Cela serait tellement plus pratique d’avoir les informations en amont (la transmission de l’information est un vrai problème à la mairie d’Orléans).
Enfin, petite remarque incidente, j’ai des doutes affreux sur la pertinence d’une commission qui se tient 3 jours avant un conseil municipal : toutes les subventions qu’on nous a présentées figurent en effet déjà à l’ordre du jour et dans la note de synthèse qui nous ont été remis dès vendredi dernier.
A part ça l’ambiance était sympa. C’est sans doute l’essentiel.
Quand je pense qu’on m’avait dit que « tout se passe en commission »… Quelle bonne blague !

