J’ai appris, ce matin, en écoutant la radio (France Bleue), que M. Lopez, représentant des éboueurs grévistes del’agglO, avait été convoqué au TGI sur plainte de M. Grouard, Maire d’Orléans, pour “blocage de la voie publique”. On croit rêver! Non, cauchemarder! Comment ne pas être consterné par un tel dévoiement de la procédure? D’abord, ces méthodes rappellent les pires jours du délit de grève, dont je préfère ne pas redire ici sous quel régime honni de l’histoire de France il a , pour la dernière fois, trouvé à s’exercer. Ensuite, cette plainte traduit un déplacement dangereux de l’action du champ politique (où elle devrait trouver à s’exprimer, entre adversaires légitimes) au champ judiciaire (entre un plaignant et une victime) : c’est donc une mise en faillite des procédures démocratiques de concertation, en même temps qu’une défaute de responsabilité. Où est le droit du travail dans tout cela? Où est le respect de l’autre? Quelle absence totale de considération cela traduit-il envers les partenaires sociaux! Enfin, cette plainte me scandalise en ceci qu’elle fait suite à trois semaines de total AUTISME SOCIAL. Combien de fois les éboueurs ont-ils rencontré leur employeur? Pourquoi M. Lemaignen président de l’agglomération orléanaise, n’a-t-il pas cru bon d’aller entendre ses agents (devrais-je écrire ces “gens”) en grève? Quelle incroyable morgue de classe! Et pendant ce temps là, les citoyens de l’agglO, qui ne savent pas qu’ils sont gouvernés par une droite dure, pataugent dans les ordures qui s’amoncèlent, au milieu d’un gigantesque gâchis collectif!
Voici, à titre d’information, le communiqué de presse publié par l’opposition muncipale d’Orléans (Socialistes, verts et apparentés). En espérant que la raison finira par se faire entendre, y compris chez nos très aristocratiques édiles.
“Cela fait maintenant 20 jours que les éboueurs de l’agglomération Orléans Val de Loire ont entamé une grève pour demander une prime supplémentaire de 100 euros par mois.
Cela fait maintenant 20 jours que le président de l’agglomération Orléans Val de Loire distille par voie de presse son mépris social et sa rancœur réactionnaire à l’égard d’agents qui effectuent, dans des conditions pénibles, un travail d’intérêt général.
Pendant ces 20 jours l’exécutif de l’agglomération Orléans Val de Loire a laissé pourrir la situation et refusé de s’asseoir à la table de négociations avec les grévistes, au mépris des règles les plus élémentaires du droit du travail. Il a fallu que le médiateur nommé par le préfet impose une première rencontre pour que M. Lemaignen aille enfin écouter ce que ses agents avaient à lui dire, pour le résultat que l’on sait.
Pendant ces 20 jours monsieur Grouard, maire de la principale commune de l’agglomération, n’a pas jugé utile de s’exprimer sur le sujet, laissant son adjoint seul à la manœuvre comme président de l’agglO. Mais depuis peu, il a repris l’initiative et durci un peu plus le climat. La veille de la venue du président Sarkozy, il a fait appel à une société privée pour « déblayer le terrain ». Surtout, alors que les premières négociations venaient de commencer avec les représentants des grévistes, il a souhaité porter plainte contre l’un d’entre eux, M. Serge Lopez, pour « blocage de la voie publique ». Voilà une bien étrange manière de négocier… D’ailleurs, la voie publique serait-elle bloquée si l’on s’était donné la peine de discuter un tant soit peu avec les travailleurs mécontents ? Qui bloque quoi dans cette affaire ?
Face à cette situation, l’opposition municipale d’Orléans (Groupe socialistes, verts et apparentés) tient à rappeler une nouvelle fois sa totale solidarité avec les travailleurs en grève.
Elle dénonce l’actuelle situation de blocage, due à l’incurie des responsables de l’AgglO ainsi que le mépris d’un autre âge affiché par ceux-ci à l’égard des revendications des éboueurs.
Elle constate que l’absence de négociation a conduit chacun des maires de l’agglO à reprendre la main sur le dossier de la gestion des déchets, vidant ainsi de tout contenu l’intérêt communautaire à coups de menaces de réquisitions et d’appels à des sociétés privées. A Orléans Val de Loire, l’intercommunalité n’existe que quand tout va bien : en cas de crise, elle est aux abonnés absents et le chacun pour soi reprend ses droits. Encore un brillant succès à porter au crédit de M. Lemaignen. Pourquoi en effet attendre la réunion des maires pour agir ? Le président de l’agglO n’a-t-il de compétences que pour décider tout seul de ne rien faire ?
L’opposition municipale s’étonne d’ailleurs de la soudaine rigueur budgétaire qui contraindrait l’exécutif communautaire à ne pas satisfaire les demandes des grévistes. Dans le passé, celui-ci a été moins soucieux de l’argent du contribuable. Quel gaspillage de deniers publics n’a-t-on pas fait lorsqu’il s’est agi par exemple de financer un Inexplosible devenu depuis un Inexploitable (940 000 euros), de creuser un canal qui ne mène nulle part, de construire une capitainerie qui ne reçoit aucun bateau (et de payer les deux agents qui y travaillent), de ne pas construire un tramway attendu depuis 7 ans et de dépenser, par centaines de milliers d’euros, des études inutiles pour des projets avortés ? En général, l’augmentation salariale récompense la qualité du travail accompli. A l’AgglO, l’augmentation des indemnités des responsables communautaires sanctionne une longue série d’échecs retentissants. Cherchez l’erreur !”




