Place de l’Etape

Articles étiquettés ‘Grouard’

Une vraie avancée sociale

15 janvier 2009 · 51 commentaires

J’ai appris, ce matin, en écoutant la radio (France Bleue), que M. Lopez, représentant des éboueurs grévistes del’agglO, avait été convoqué au TGI sur plainte de M. Grouard, Maire d’Orléans, pour “blocage de la voie publique”. On croit rêver! Non, cauchemarder! Comment ne pas être consterné par un tel dévoiement de la procédure? D’abord, ces méthodes  rappellent les pires jours du délit de grève, dont je préfère ne pas redire ici sous quel régime honni de l’histoire de France il a , pour la dernière fois, trouvé à s’exercer. Ensuite, cette plainte traduit un déplacement dangereux de l’action du champ politique (où elle devrait trouver à s’exprimer, entre adversaires légitimes) au champ judiciaire (entre un plaignant et une victime) : c’est donc une mise en faillite des procédures démocratiques de concertation, en même temps qu’une défaute de responsabilité. Où est le droit du travail dans tout cela? Où est le respect de l’autre? Quelle absence totale de considération cela traduit-il envers les partenaires sociaux! Enfin, cette plainte me scandalise en ceci qu’elle fait suite à  trois semaines de total AUTISME SOCIAL. Combien de fois les éboueurs ont-ils rencontré leur employeur? Pourquoi M. Lemaignen  président de l’agglomération orléanaise, n’a-t-il pas cru bon d’aller entendre ses agents (devrais-je écrire ces “gens”) en grève? Quelle incroyable morgue de classe! Et pendant ce temps là, les citoyens de l’agglO, qui ne savent pas qu’ils sont gouvernés par une droite dure, pataugent dans les ordures qui s’amoncèlent, au milieu d’un gigantesque gâchis collectif!

Voici, à titre d’information, le communiqué de presse publié par l’opposition muncipale d’Orléans (Socialistes, verts et apparentés). En espérant que la raison finira par se faire entendre, y compris chez nos très aristocratiques édiles.

“Cela fait maintenant 20 jours que les éboueurs de l’agglomération Orléans Val de Loire ont entamé une grève pour demander une prime supplémentaire de 100 euros par mois.
Cela fait maintenant 20 jours que le président de l’agglomération Orléans Val de Loire distille par voie de presse son mépris social et sa rancœur réactionnaire à l’égard d’agents qui effectuent, dans des conditions pénibles, un travail d’intérêt général.
Pendant ces 20 jours l’exécutif de l’agglomération Orléans Val de Loire a laissé pourrir la situation et refusé de s’asseoir à la table de négociations avec les grévistes, au mépris des règles les plus élémentaires du droit du travail. Il a fallu que le médiateur nommé par le préfet impose une première rencontre pour que M. Lemaignen aille enfin écouter ce que ses agents avaient à lui dire, pour le résultat que l’on sait.
Pendant ces 20 jours monsieur Grouard, maire de la principale commune de l’agglomération, n’a pas jugé utile de s’exprimer sur le sujet, laissant son adjoint seul à la manœuvre comme président de l’agglO. Mais depuis peu, il a repris l’initiative et durci un peu plus le climat. La veille de la venue du président Sarkozy, il a fait appel à une société privée pour « déblayer le terrain ». Surtout, alors que les premières négociations venaient de commencer avec les représentants des grévistes, il a souhaité porter plainte contre l’un d’entre eux, M. Serge Lopez, pour « blocage de la voie publique ». Voilà une bien étrange manière de négocier… D’ailleurs, la voie publique serait-elle bloquée si l’on s’était donné la peine de discuter un tant soit peu avec les travailleurs mécontents ? Qui bloque quoi dans cette affaire ?

Face à cette situation, l’opposition municipale d’Orléans (Groupe socialistes, verts et apparentés) tient à rappeler une nouvelle fois sa totale solidarité avec les travailleurs en grève.
Elle dénonce l’actuelle situation de blocage, due à l’incurie des responsables de l’AgglO ainsi que le mépris d’un autre âge affiché par ceux-ci à l’égard des revendications des éboueurs.

Elle constate que l’absence de négociation a conduit chacun des maires de l’agglO à reprendre la main sur le dossier de la gestion des déchets, vidant ainsi de tout contenu l’intérêt communautaire à coups de menaces de réquisitions et d’appels à des sociétés privées. A Orléans Val de Loire, l’intercommunalité n’existe que quand tout va bien : en cas de crise, elle est aux abonnés absents et le chacun pour soi reprend ses droits. Encore un brillant succès à porter au crédit de M. Lemaignen. Pourquoi en effet attendre la réunion des maires pour agir ? Le président de l’agglO n’a-t-il de compétences que pour décider tout seul de ne rien faire ?
L’opposition municipale s’étonne d’ailleurs de la soudaine rigueur budgétaire qui contraindrait l’exécutif communautaire à ne pas satisfaire les demandes des grévistes. Dans le passé, celui-ci a été moins soucieux de l’argent du contribuable. Quel gaspillage de deniers publics n’a-t-on pas fait lorsqu’il s’est agi par exemple de financer un Inexplosible devenu depuis un Inexploitable (940 000 euros), de creuser un canal qui ne mène nulle part, de construire une capitainerie qui ne reçoit aucun bateau (et de payer les deux agents qui y travaillent), de ne pas construire un tramway attendu depuis 7 ans et de dépenser, par centaines de milliers d’euros, des études inutiles pour des projets avortés ? En général, l’augmentation salariale récompense la qualité du travail accompli. A l’AgglO, l’augmentation des indemnités des responsables communautaires sanctionne une longue série d’échecs retentissants. Cherchez l’erreur !”

greve

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Faut-il craindre le pitre ?

25 septembre 2008 · 4 commentaires

le bouffon du roi

En d’autres époques, que l’on dépeint à juste titre comme non démocratiques, les fous et les bouffons promenaient leurs grelots et leurs marottes à la cour, se moquant des travers des puissants, ricanant des défauts des princes, accablant les courtisans pleins de morgue des piques de leurs épigrammes. Les rois, victimes eux mêmes de ces incessants sarcasmes, subissaient cette incessante ironie comme le revers nécessaire de leur propre fortune. Les pires tyrans – jusqu’au cruel Attila, s’amusaient des bons mots de leurs pitres domestiques, conscients que l’impertinence de leurs propos etait la contrepartie nécessaire de la toute puissance.

Au XVIè siècle encore, Erasme de Rotterdam (qui fut, en son temps, étudiant à Orléans), écrivait, dans son Éloge de la folie, XXXVI : « Les plus grands rois goûtent si fort [les bouffons] que plus d’un, sans eux, ne saurait se mettre à table ou faire un pas, ni se passer d’eux pendant une heure. Ils prisent les fous plus que les sages austères, qu’ils ont l’habitude d’entretenir par ostentation… les bouffons, eux, procurent ce que les princes recherchent partout et à tout prix : l’amusement, le sourire, l’éclat de rire, le plaisir. »

Aujourd’hui, nous sommes en démocratie, et jouissons théoriquement de la plus large liberté de parole, de pensée, d’expression. Pourtant, alors que les rois sont morts et les bouffons enterrés, il semble que l’on ne puisse plus rire de rien. Ni de Dieu, ni de la mort, ni de la vie, ni, surtout, du pouvoir.  Le temps est au politiquement correct. Au sérieux compassé. A la révérence prudente. Surtout ne pas déplaire, surtout ne pas sourire, surtout ne pas moquer.

Fansolo, sale gosse sympathique, adolescent en résidence prolongée, gamin farceur toujours prêt à raconter une bêtise pour faire marrer les copains, en fait l’amère expérience. En une époque déjà lointaine de pré campagne électorale, il avait ouvert un blog dénommé “Les amis de Serge Grouard”. Ce blog fonctionna d’octobre 2007 au début de mars 2008, comporta une vingtaine d’articles et fut lu par 122 lecteurs. Le ton en  était tellement parodique, qu’aucune confusion n’était possible. Aujourd’hui, Fansolo est trainé en justice – ce qui est déjà disproportionné compte tenu de l’impact très limité de sa potacherie blogosphérique. Surtout, son nom est cité, à plusieurs reprises, dans une conférence de presse initiée par le maire d’Orléans.

D’où ces questions :  sur quel registre se situe-t-on là? Sur le registre privé, celui d’un citoyen s’estimant blessé qui cherche à réparer son honneur, et qui s’en remet à la justice rendue au nom du peuple français? Ou sur le registre public de l’homme politique qui convie les journalistes à assister à un coup médiatique? Que gagne la justice à une telle médiatisation? Que gagne le citoyen Grouard à étaler ainsi ses griefs? Quel prix excessif ne fait-on pas immédiatement payer à Fansolo en citant son nom à longueur de média? Qui dira les conséquences sociales, personnelles, de cet acharnement? Y-a-t-il égalité des parties entre un maire qui use d’une tribune de presse et un simple blogueur citoyen?  

Alors oui, je crois en la justice de mon pays. Et je pense que dans cette triste affaire, justice sera rendue, et bien rendue. Mais pour ce qui concerne les moeurs du monde politique, permettez moi d’avoir des doutes.

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Conseil municipal du 4 avril 2008

6 avril 2008 · 9 commentaires

Voici un compte rendu, non officiel, mais aussi fidèle que possible, du conseil muncipal d’Orléans qui s’est tenu le 4 avril dernier. Les notes ont été prises à la volée et en direct.

Je tiens à préciser que c’est la manière dont ce conseil s’est déroulé qui m’a incité à ouvrir ce blog. Je me propose d’en faire une exégèse dans un billet prochain.

Conseil municipal du 4 avril 2008

La séance est ouverte à 18h10

Point n°1 : Désignation du secrétaire : M. Quentin Thomas

Point n°2 : Pouvoirs : pouvoir de F. Montillot confié à S. Grouard ; pouvoir de D. Lebrun confié à M-D. Nganga

Point n°3 : Election des délégués à la communauté d’agglO. Sur 35 postes, un seul est dévolu à l’opposition.

Prise de parole de l’opposition, dans l’ordre décidé par le maire.

  • J-Ph. Grand rappelle que lors de la mandature précédente, M. Grouard avait accordé à l’opposition 2 postes de titulaires et 2 de suppléants comme délégués à l’AgglO. Il s’étonne de cette réduction de moitié de la représentation de l’opposition, alors même que la droite reste confortablement majoritaire à l’assemblée d’AgglO.
  • B. Chapuis souligne que la décision du maire constitue un geste politique et qu’elle ne manquera pas d’être interprétée en tant que telle, d’autant qu’elle marque le début de son second mandat. Il met cette décision en perspective avec les mauvais résultats enregistrés par la droite lors des élections municipales au sein de l’agglomération orléanaise et l’accroissement subséquent du nombre de représentants des partis de gauche au sein de l’AgglO. M. Grouard craindrait-il que la réélection de M. Lemaignen ne soit pas assurée ?
  • S. Ferkatadji loue la modernité dont avait fait preuve S. Grouard en 2001, qui, à la différence de ses prédécesseurs, avait permis à l’opposition municipale d’Orléans de siéger à l’agglO. Par contraste avec cette modernité, elle comprend d’autant moins la récente décision du maire de réduire drastiquement cette représentation de l’opposition municipale, alors même que celle-ci a progressé lors du récent scrutin de mars 2008.

Réponse du maire :

  • inorganisation notoire de l’opposition, qui s’exprime à trois reprises pour dire trois fois la même chose. Néanmoins, pour aider l’opposition à progresser, le maire, dans sa grande bonté, se propose d’expliquer la situation et d’éclairer les esprits.
  • constat du caractère peu constructif de l’opposition à l’agglO. lors de la mandature précédente. La décision du maire de réduire de moitié sa représentation peut donc être analysée comme une sanction visant à contrecarrer la tendance des élus de gauche à se livrer à « des jeux de rôles politiciens ».
  • L’opposition n’est pas fondée à parler au nom des Orléanais, puisqu’elle a perdu les élections et qu’elle ne constitue qu’une minorité.
  • Les autres communes de l’agglO n’accordent aucune place à l’opposition. Certes, elles envoient sensiblement moins d’élus qu’Orléans au conseil d’AgglO, mais certaines d’entre elles pourraient faire un geste.
  • Enfin, si l’opposition conteste sa décision, il propose de réduire à néant sa représentation au sein de l’agglO en supprimant le poste de titulaire qu’il lui avait accordé.

Réponse de M. Brard. L’opposition municipale n’a pas joué le rôle négatif qu’on lui impute. Elle s’est au contraire saisie de certains dossiers importants (tram) pour lesquels elle a apporté une contribution précieuse. Par ailleurs, le mode de désignation du président de l’AgglO au suffrage indirect mériterait à terme d’être revu, pour au moins deux raisons. En premier lieu, il ne traduit pas la réalité des forces politiques locales (majorité de voix de gauche dans toutes les communes de l’AgglO) ; en second lieu il ne légitime pas assez un exécutif dont les attributions vont croissants. Il s’agit là d’une position de principe, qui ne concerne pas exclusivement Orléans.

Réponse de M. Martin : la gauche conteste systématiquement les scrutins lorsqu’elle les perd.

En outre, les anciens membres titulaires de l’opposition sont peu fondés à porter une réclamation car ils n’ont pas souvent siégé, notamment M. Brard.

Réponse de Ch. E. Le Maignen : les conseillers de l’opposition transportaient dans l’enceinte de l’assemblée d’agglO les débats orléano-orléanais. D’autre part, l’essentiel du travail de l’opposition consiste à recueillir de l’information. Dans cet esprit, un seul poste suffit.

Conclusion du maire : on verra au conseil d’AgglO que l’esprit d’ouverture est en marche.

Résultats des élections : 53 bulletins exprimés. Election des membres de la majorité à l’unanimité des suffrages exprimés ; élection de J-Ph. Grand et de M. Brard par 52 voix.

Point n°4 : Commission d’appel d’offres : deux listes en présence, l’une présentée par la majorité, l’autre par l’opposition. 55 bulletins de vote ; 55 suffrages exprimés ; 1ère liste : 42 voix ; 2ème liste : 13 voix

Point n°5 : Commissions communales de sécurité et d’accessibilité : élection à l’unanimité

Point n°6 : Centre communal d’Action sociale. CA. Fixation à 17 du nombre des membres.

Point n°7 : CCAS : Election des membres. 2 listes en présence. 0 bulletin nul. Liste de la majorité : 42 voix ; liste de l’opposition : 13 voix.

Point n°8 : CHRO : désignation des représentants de la ville au CA : 10 abstentions

Point n°9 : Conseil de discipline de recours régional. Désignation de Mme Sauvegrain. 11 abstentions.

Point n°10 : Groupement régional de santé publique du centre : désignation de Mme COUPEZ : 11 abstentions ; 1 vote contre

Point n°11 : Spectacle vivant : délégation accordée au maire à l’unanimité.

La séance est levée à 19h15.

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